Sortir dans l'espace

01-04-2019 Philippe VOLVERT

Pour effectuer une sortie dans l'espace ou EVA (Extra Vehicular Activity), l'astronaute ou le cosmonaute doit porter une combinaison spatiale conçue à cet effet. Elle doit lui assurer la survie dans l'espace, caractérisé principalement par l'absence d'air et des températures extrêmes (- 120° C à + 150° C). Elle le protège également contre les rayons cosmiques et les micrométéorites. Sans elle, le malheureux est voué à une mort certaine en quelques secondes.

Pour des raisons évidentes de sécurité, les sorties extravéhiculaires se font généralement à deux. L'un servant de soutien à l'autre en cas de problèmes. Seule exception sont les sorties réalisées depuis un vaisseau spatial (Voskhod, Gemini, Apollo, Soyuz, Shenzhou) dépourvu de sas de sortie. Dans ce cas, l'astronaute était directement relié au poste de pilotage, porte ouverte. En cas d'urgence, l'autre passager pouvait tirer sur le cordon ombilical pour ramener l'astronaute en détresse.

A l'heure actuelle, il existe trois types de combinaisons spatiales : l'EMU américain, l'Orlan russe et la Feitian chinoise. Toutes trois jouent le même rôle.

Extravehicular Mobility Unit

Pour ses astronautes, la NASA a conçu l'EMU (Extravehicular Mobility Unit), construite à partir d'un torse et un casque standards. A cela s'ajoute les bras et les jambes qui sont adaptés à la taille de l'astronaute qui la porte. Elle pèse environ 120 kg et sa réserve d'oxygène pur (0,55 kg) permet une autonomie d'environ 7 heures. Son coût unitaire est de 10 millions $. Elle est une dérivée de la combinaison développée pour les missions Apollo.

Avant d'effectuer une sortie extravéhiculaire, l'astronaute passe la nuit précédente dans le module Quest afin respirer de l'oxygène pur pour débarrasser son organisme de l'azote qu'il contient. Lorsqu'il se prépare à sortir, il commence par enfiler une sorte de pyjama sur lequel est fixé tout un circuit d'eau qui va servir à maintenir le corps à température. Il passe ensuite l'habillage de la combinaison à proprement parlé. Aidé par ses collègues, l'astronaute prendra environ un quart d'heure pour mettre son scaphandre. Il commence par la partie basse (pieds jusqu'au bassin) puis la partie haute (bassin jusqu'au coup). Les deux parties sont ensuite clipsées hermétiquement l'une à l'autre. L'astronaute enfile ensuite ses gants et son casque. Lorsqu'il est habillé, l'étanchéité et les diverses fonctions de sa combinaison sont testées. Il est prêt à sortir.

Détail de la combinaison spatiale américaine
Détail de la combinaison américaine utilisée pour les sorties extravéhiculaires - Photo NASA (Agrandir)

Orlan

La combinaison russe Orlan est conçue différemment et est plus facile à mettre. Le cosmonaute doit ouvrir le dos puis passer les jambes en premier puis le reste du corps avant de refermer le scaphandre hermétiquement. Il faut compter environ 5 minutes pour la mettre. Mais avant, comme pour l'astronaute, il doit enfiler le pyjama régulateur hermétique.

Alors qu'il faut compter environ 06 heures 30 pour qu'un astronaute soit conditionné pour mettre une combinaison EMU, le cosmonaute n'a besoin que de 30 minutes. Son autonomie est équivalente à la combinaison américaine et son poids est d'environ 105 kg.

Détail de la combinaison spatiale russe
Détail de la combinaison américaine utilisée pour les sorties extravéhiculaires - Photo NASA (Agrandir)

Feitian

La combinaison chinoise a été conçue d'après la combinaison spatiale russe Orlan M. Elle offre une forme et un volume similaire. Le taïkonaute qui la revête utilisera la même technique que le cosmonaute. Cette combinaison aurait coûté 4,4 millions de dollars et pèse 120 kg.

Sources

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