Deux astronautes sortent réparer le détecteur de particules cosmiques

15-11-2019 Philippe VOLVERT

C'est la première d'une série de quatre sorties extravéhiculaires qui a débuté aujourd'hui pour réaliser des travaux de maintenance sur le spectromètre magnétique AMS-02 (Alpha Magnetic Spectrometer) installé à l'extérieur de la station spatiale internationale.

Les astronautes Luca Parmitano (ESA) et Andrew Morgan (Nasa) ont débuté leur sortie à 12 heures 39 TU lorsqu'ils ont branché leur scaphandre sur l'alimentation interne. Ils l'ont achevée 06 heures 39 minutes plus tard, une fois qu'ils ont réintégré le sas de l'ISS.

Pour différencier les deux astronautes, Parmitano portait la combinaison à rayures rouges tandis que Morgan avait revêtu la combinaison sans marquage spécifique.

Cette première sortie extravéhiculaire était avant tout destinée à préparer le terrain en vue des prochaines sorties prévues dans les semaines qui suivent. Parmitano et Morgan devaient mettre en place l'outillage spécifique qui sera utilisé, enlever le couvercle protecteur de débris sur l'AMS-02 et installer des mains courantes pour faciliter le déplacement des astronautes.

Aux dires de la NASA, la réparation de l'AMS-02 est la plus délicate depuis les missions de maintenance du télescope Hubble avec la navette spatiale.

L'AMS-02, un projet international pour détecter la matière noire

Installé sur la station spatiale internationale par la navette Endeavour en 2011, le spectromètre magnétique Alpha doit répondre à des questions fondamentales sur la physique. Plus de 500 scientifiques venant de 56 institutions de 16 pays sont impliqués dans ce projet de deux milliards $, initié par le physicien américain Samuel Ting, prix Nobel de physique 1976.

L'AMS-02 est constitué d'un aimant de grande puissance et d'un ensemble de détecteurs qui doivent mesurer les caractéristiques des particules et antiparticules des rayons cosmiques qui traversent l'espace. Il doit notamment identifier la proportion et les caractéristiques des éléments rares composant les rayons cosmiques galactiques, déterminer la proportion d'antimatière présente dans l'Univers, détecter la présence et la nature de la matière noire et mesurer les rayons gammas très énergétiques produits par les noyaux actifs de galaxies ou par les sursauts gammas.

Pour fonctionner de manière optimale, l'AMS-02 a besoin de voir sa température approcher le zéro absolu à - 273 degrés Celsius. Le spectromètre dispose de quatre pompes qui font circuler de l'hélium superfluide dans le circuit de régulation thermique. Hors depuis 2017, ces pompes lâchent les unes après les autres. Aujourd'hui, l'instrument scientifique ne dispose plus que d'une seule pompe opérationnelle de manière intermittente. Si la communauté des astrophysiciens souhaite poursuivre la recherche, il est impératif d'effectuer un entretien de l'expérience.

Le spectromètre n'a pas été conçu pour être réparé dans l'espace, ce qui a compliqué la tâche de la NASA lorsqu'elle a élaboré le plan d'intervention sur l'instrument. L'agence spatiale a dû tenir compte du fait qu'il n'y avait pas de mains courantes, que certains écrous n'ont pas été prévus pour être dévissés dans l'espace et que les circuits n'ont pas été conçus pour être purgés sans risque. Les ingénieurs ont développé 25 nouveaux outils pour aider astronautes au cours des quatre sorties extravéhiculaires nécessaires à l'entretien de l'AMS-02.

Sources

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