Inspiration4, la première mission privée habitée, est arrivée sur orbite

16-09-2021 Philippe VOLVERT

Il était un peu plus de minuit la nuit dernière lorsque la fusée Falcon 9 s’est élancée de la rampe 39A au Kennedy Space Center avec quatre passagers à son bord. De la routine pour SpaceX qui lance ainsi son quatrième équipage dans l’espace.

Pourtant, la mission Inspiration4 a fait beaucoup parler d’elle. Et pour cause ! Pour la première fois dans l’histoire de la conquête spatiale, un vaisseau habité transporte un équipage entièrement constitué de personnes non professionnelles.

L’équipage d’Inspiration4

La mission est placée sous le commandement de Jared Isaacman (38 ans), un homme d'affaires et pilote américain. Il est secondé par la pilote Sian Proctor (51 ans), une géoscientifique, entrepreneuse et pilote de formation. Hayley Arceneaux (28 ans), assistante médicale au St. Jude Children's Research Hospital, et Christopher Sembroski (42 ans), ingénieur chez Lockheed Martin, complètent le casting.

L’initiative d’Inspiration4 vient d’Isaacman, fondateur et PDG de Shift4 Payments. Il a acheté les quatre places disponibles à bord du vaisseau Crew Dragon et a fait don de trois d’entre elles, réservées pour des personnes du grand public. L’objectif affiché de la mission est de sensibiliser le public et de collecter des fonds pour le St. Jude Children’s Research Hospital. Isaacman espère pouvoir récolter 100 millions $, auxquels s’ajouteront les 100 millions qu’il sortira de sa poche.

Inspiration4, premier vol habité à vocation commerciale

Depuis le vol de Yuri Gagarin en avril 1961, toutes les missions habitées ont été réalisées sous la responsabilité des agences spatiales, dépendant des gouvernements. Pour chacun de ces vols, il y avait toujours un astronaute/cosmonaute/taïkonaute de profession à bord du vaisseau. Toutefois, il n’est pas rare que des personnes non professionnelles intègrent un équipage pour répondre aux besoins de la mission. Ces « astronautes d’un vol » proviennent en général du milieu scientifique, technique ou encore militaire. Une fois revenus sur Terre, ils retournent à leur vie d’avant.

Dans le cas présent, Inspiration4 est une opération commerciale placée sous l’autorité de SpaceX. La société a vendu les places et a formé l’équipage au cours d’un entraînement poussé. En effet, les « apprentis astronautes » ont suivi une formation théorique et pratique au siège de SpaceX à Hawthorne en Californie, une simulation à bord de GO Navigator pour l'entraînement en mer, un stage de survie sur le Mont Rainier. Ils ont eu l’occasion de tester la centrifugeuse et les vols en zéro-g.

Bien que la mission soit entièrement privée, la NASA apporte un soutien logistique à SpaceX. Moyennant un million $, l’agence spatiale met à disposition son réseau de communications pour assurer de bonnes liaisons entre le vaisseau et le centre de contrôle. La NASA utilisera un avion de surveillance WB-57 pour recueillir des images de la rentrée, du déploiement des parachutes et de l'amerrissage en échange d’un accès pour inspecter les parachutes avant et après le vol.

La mission Inspiration4

La mission Inspiration4 est effectuée à bord de « Resilience ». Il s’agit du second vol du deuxième vaisseau Crew Dragon produit par SpaceX. Il a rejoint une orbite culminant à 575 km d’altitude, sur une inclinaison identique à celle de la station spatiale internationale. Toutefois, aucun amarrage ou rendez-vous avec le complexe orbital est prévu. Le vaisseau réalisera 45 orbites autour de la Terre avant de revenir se poser dans l’Océan Atlantique. Le retour sur Terre est prévu dans trois jours au large des côtes de Floride.

Pour cette mission, le port d’amarrage du Crew Dragon a été remplacé par une coupole en plexiglas, ce qui permettra aux occupants du vaisseau d’admirer la vue sur la Terre.

Au cours du vol, l’équipage réalisera quelques expériences de recherche sur la santé et les performances humaine. Il recueillera des données environnementales et biomédicales et des échantillons biologiques des quatre membres d'équipage pour le compte de SpaceX, Translational Research Institute for Space Health et le Weill Medical College.

Sources

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