Shoemaker-Levy 9, vingt ans après

27-04-2013 Philippe VOLVERT

Nous sommes en juillet 1994. Les astronomes professionnels mais aussi amateurs ont leurs télescopes rivés à quelques 800 millions de kilomètres de la Terre. Durant plusieurs jours, les 21 fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 percutent Jupiter, créant de gigantesques cicatrices perforant la couverture nuageuse de la géante. Quelques mois plus tard, le télescope infrarouge ISO de l'agence spatiale européenne pointe ses instruments en direction de la planète et découvre la présence d'eau dans sa haute atmosphère. Les scientifiques soupçonnent la comète d'en être à l'origine. Les comètes sont des astres composés essentiellement de glace et il n'est donc pas impossible que la collision puisse avoir alimenté cette partie de l'atmosphère en eau. Il faudra attendre l'arrivée du successeur d'ISO pour en avoir la confirmation.

Le télescope spatial Herschel vient donc de certifier ce que l'on pensait depuis près de 20 ans. Equipé des spectromètres HIFI (Heterodyne Instrument for the Far Infrared) et PACS (Photoconductor Array Camera and Spectrometer), il peut détecter les signatures chimiques de la vapeur d'eau. Les clichés pris de Jupiter sont sans appels. Il existe bien une corrélation entre la présence d'eau dans la haute atmosphère et la collision qui s'est produite durant l'été 1994. Ils montrent une proportion deux à trois fois plus importante de vapeur d'eau dans l'hémisphère sud touché par les impacts. Pour les scientifiques, il ne fait plus aucun doute. Près de 95 % de l'eau présente dans la stratosphère jovienne aurait pour origine la comète Shoemaker-Levy 9.

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