Le tandem Messenger-Venus Express observe Vénus

10-06-2007 Véronique CHEVALIER

Lancée à l'assaut de Mercure, Messenger a croisé Vénus ce 06 juin pour l'étudier pendant 30 heures, alors que Venus Express, toujours en orbite autour de la planète, avait aussi ses instruments braqués sur elle. Deux observations simultanées auxquelles se sont joints quelques observatoires du monde entier pour récolter une somme d'informations unique sur le comportement de notre plus proche voisine.

Messenger, sonde de la NASA, parcourt l'espace depuis le 03 août 2004, date de son départ de Cape Canaveral, et avait déjà survolé les abords de Vénus. Mais ce premier passage s'était avéré infructueux car Vénus se trouvait alors derrière le Soleil et toute communication entre Messenger et la Terre avait été coupée. Pour cette seconde approche, toutes les conditions étaient réunies pour obtenir de bien meilleurs résultats. Non seulement la communication avec la Terre était établie mais, aussi, les télescopes de plusieurs coins du monde ont oeuvré simultanément aux mêmes observations que celles de la sonde américaine. De plus, Venus Express, postée en orbite autour de Vénus depuis le 11 avril 2006 par l'ESA, s'est alliée à Messenger en un tandem de choc pour obtenir un nouveau panel de données sur la couche nuageuse de Vénus, son atmosphère, son "oxygen airglow" et le plasma qui l'entoure.

Lorsque Messenger s'est trouvée au plus près de Vénus, c'est-à-dire le 06 juin à 01h18 et à une distance de 337 km, la sonde a d'abord pu mesurer directement sa couche nuageuse avec un instrument à laser. Ces nouvelles mesures sont ainsi venues compléter celles prises auparavant par Venus Express.

Messenger a également analysé l'atmosphère vénusienne pour recouper les informations de Venus Express. Dans cette observation, les deux sondes ont été rejointes par l'observatoire de Haute-Provence en France qui a pointé son télescope sur notre voisine au même instant. Il s'est aussi chargé de mesurer le vent sévissant sur Vénus.

Ensuite, la sonde américaine s'est penchée sur l'"oxygen airglow", ce phénomène lumineux singulier qui transforme Vénus en une lanterne spatiale lors de nos nuits et qui attirait déjà l'attention de Venus Express. Sur Terre cette particularité a été observée simultanément par les observatoires Apache Point et W.M. Keck à Hawaï.

Messenger a encore enquêté sur le plasma entourant Vénus de concert avec la sonde européenne. Dans ce cas, la double observation était précieuse car elle a déjà fait ses preuves quand les sondes Cassini-Huygens et Galileo ont étudié ensemble le plasma environnant Jupiter en 2000. On sait aujourd'hui que le plasma est un gaz chargé de particules diffusées dans l'espace qui subit l'influence de l'activité solaire et qui, malgré une densité extrêmement faible, est très présent autour des planètes. Mais il reste un sujet de connaissance obscur que viendront peut-être éclairer davantage les derniers renseignements glanés pour celui de Vénus.

Au terme de ces 30 heures d'analyses, Messenger pouvait être satisfaite de l'état de marche de ses instruments de mesure qui lui permettront d'étudier Mercure vers laquelle elle se dirige désormais. Quand elle aura atteint son ultime destination, elle sera la première sonde à demeurer en orbite autour de la planète.

Venus Express, quant à elle, est maintenant seule aux alentours de Vénus et a repris son observation de la planète, toujours prête à faire de nouvelles découvertes.

Sur le même sujet