La mission Top Secret de Delta IV Heavy

18-01-2009 Philippe VOLVERT

La 337ème fusée Delta a bien eu du mal à décoller. Initialement prévu pour le 13 janvier dernier, le lancement avait dû être reporté à plusieurs reprises en raison d'anomalies techniques. Les responsables de la mission n'étaient cependant pas au bout de leur peine. Programmé pour 00:33 dans la nuit de samedi à dimanche, le compte à rebours a été arrêté à 3 reprises. C'est finalement à 02:47 heure universelle que Delta IV Heavy a quitté le pas de tir 37 B de Cape Canaveral Air Station. Ce troisième vol du lanceur était placé sous le seau « Top Secret » si bien que la retransmission en directe a été stoppée environ 8 minutes après le décollage ; le National Reconnaissance Office souhaitant garder le secret des coordonnées orbitales et des objectifs précis du satellite NROL-26 qu'embarquait la fusée. Selon certaines sources, NROL-26 serait être un satellite d'écoute électronique de la famille Advanced Orion comptant à ce jour 3 exemplaires lancés entre 1995 et 2003 par Titan IV. Le coût du lancement et du satellite avoisinerait le chiffre de 2 milliards de dollars.

Delta IV Heavy est le lanceur non habité le plus puissant lancé actuellement. Il est entré en service en décembre 2004 lors d'un vol d'essai mitigé. Les capteurs des boosters et de l'étage central avaient donné de informations erronées qui ont conduit à l'extinction prématurée des moteurs 8 secondes plus tôt que prévu. Le déficit de vitesse n'a pu être récupéré par l'étage supérieur et la charge utile, composée d'une maquette représentative d'un satellite et deux micro satellites, s'est retrouvée plus basse que prévue. Le second vol, trois ans plus tard, a démontré que les mesures apportées pour corriger le problème avaient été efficaces. Bien que Delta IV Heavy soit un lanceur performant, capacité de 13 tonnes sur l'orbite de transfert géostationnaire contre un peu moins de 10 tonnes pour Ariane 5ECA, il restera néanmoins confiné dans les missions gouvernementales avec un taux de lancement bas, ne dépassant pas 1 à 2 tirs par an.

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