Le Starliner de Boeing passe son test d'éjection d'urgence

04-11-2019 Philippe VOLVERT

Le vaisseau spatial CST-100 Starliner, développé par Boeing, a franchi une étape cruciale lundi lors d'un essai du système d'interruption en vol depuis la base militaire de White Sands dans le Nouveau Mexique.

L'objectif principal de ce Pad Abort Test était de valider la fonctionnalité des différents systèmes qui seront mis en oeuvre pour évacuer les astronautes en toute sécurité dans le cas où un incident grave mettrait en danger la vie de l'équipage avant le décollage.

L'essai devait permettre de simuler les conditions d'éjection du Starliner alors qu'il est encore sur le pas de tir. C'est l'une des situations les plus dangereuses puisque le vaisseau est encore fixé au sommet de sa fusée devenue potentiellement une bombe à retardement.

Au cours du test, les quatre moteurs d'interruption de lancement du Starliner ainsi que plusieurs propulseurs de manoeuvres orbitales et de contrôle d'attitude ont été allumés simultanément pour éloigner rapidement le vaisseau du banc d'essai. En cinq secondes, la vitesse est passée de 0 à 1 050 km/h, soit une accélération équivalente à 5 g.

Comme prévu, les moteurs d'interruption se sont arrêtés laissant aux moteurs OMAC (Orbital Maneuvering and Attitude) le soin de poursuivre l'ascension jusqu'à l'altitude maximale d'environ 7 km. Une manoeuvre en tangage a ensuite fait pivoter le vaisseau en position d'atterrissage. La descente à proprement parlé a débuté 19 secondes après le décollage.

Toutefois, le Starliner a rencontré une anomalie durant la phase de déploiement de ses trois parachutes. L'un d'eux est resté confiné dans son logement. Il est encore trop tôt pour déterminer pourquoi il ne s'est pas déployer mais la NASA s'est voulue rassurante. Selon l'agence spatiale américaine, « le déploiement réussi des deux parachutes est acceptable pour les paramètres de test et la sécurité de l'équipage ».

La descente s'est poursuivie normalement avec l'éjection du bouclier thermique et du module de service. L'atterrissage s'est fait en douceur, amorti par de gros airbags.

Tant pour la NASA que pour Boeing, ce Pad Abort Test est un succès et ouvre la voie au premier essai en vol du Starliner, fixé actuellement au 17 décembre. Si cette mission inhabitée donne entière satisfaction, un premier équipage pourrait embarquer à bord du vaisseau flambant neuf au début de l'année 2020.

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