La NASA appelée à envoyer un homme sur la Lune d'ici 5 ans

27-03-2019 Philippe VOLVERT

La NASA est mise au pied du mur par l'administration Trump qui a chargé l'agence spatiale d'envoyer un homme sur la Lune d'ici cinq ans.

Le discours prononcé par le Vice-président américain lors de la cinquième réunion du National Space Council n'a pas été tendre avec la NASA et ses sous-traitants. L'agence spatiale comptait retourner sur la Lune par étapes avec 2028 comme objectif final. Pour le Président Donald Trump, ce délai est trop long. Dans son discours, Mike Pence a fait remarquer que dans les années 60, les Etats-Unis étaient allés sur la Lune en 8 ans et sans aucune expérience dans le domaine, alors il n'y avait aucune raison pour que ça prenne plus de temps aujourd'hui.

Le Vice-président a fustigé la NASA, en proie à une inertie bureaucratique, et la fusée lourde Space Launch System, notamment pour les retards accumulés et les dépassements budgétaires. Il a également pointé du doigt les sous-traitants impliqués dans le développement de la fusée. Selon lui, s'ils ne sont pas en mesure de tenir les délais, il faudra se passer d'eux et se tourner vers d'autres « qui y parviendront ». Tout récemment, la NASA planchait sur la possibilité de se tourner vers des lanceurs privés pour le premier vol du vaisseau Orion prévu en 2020. Mike Pence a emboité le pas en ajoutant que « si les fusées privées sont la seule façon de ramener des astronautes américains sur la Lune dans cinq ans, alors ce seront des fusées privées ». « La première femme et le prochain homme sur la Lune seront des astronautes américains, lancés par des fusées américaines depuis le sol américain » a surenchéri le Vice-président.

Le message est bien passé auprès de la NASA mais surtout de son administrateur Jim Bridenstine. Pour tenir l'échéance imposée par la Maison-Blanche, l'agence spatiale va devoir accélérer le développement de sa fusée et du matériel nécessaire au débarquement lunaire. La requête présidentielle pour l'année fiscale 2020 va dans ce sens en prévoyant un budget de 21 milliards de dollars pour la NASA dont 10,7 milliards alloués à l'exploration humaine. Le budget n'est qu'une proposition faite par l'équipe de Trump qui doit être soumise au Sénat et à la Chambre avant l'approbation finale de l'Exécutif. Il est à noter que le budget proposé est l'un des plus élevés de ces dernières années.

Accélérer le retour sur la Lune implique de respecter l'échéancier initial. En 2020, la NASA doit lancer la mission EM-1 (Exploration Mission 1) qui servira à tester la fusée SLS et le vaisseau Orion dans sa configuration opérationnelle mais sans équipage. EM-1 sera suivie deux ans plus tard par EM-2, première mission d'Orion avec équipage sur une orbite lunaire.

En parallèle aux missions d'Orion, la NASA et ses partenaires (Europe, Canada, Japon et Russie) construiront le Gateway, un avant-poste pour des missions à destination ou en provenance de la Terre, de la lune ou de Mars. Le premier module devait être placé sur une orbite hautement elliptique survolant le pôle Sud de la Lune à l'horizon 2022.

Sources

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