La Lune en 2028 et Mars en 2033

27-01-2020 Philippe VOLVERT

La direction du Comité de la Chambre des sciences, de l'espace et de la technologie a présenté la semaine dernière un projet de loi qui permettrait à la NASA de retourner sur la Lune en 2028 et dans la foulée, d'envoyer un premier équipage sur Mars d'ici 2033.

L'Authorization Act de la NASA de 2020 vise à placer un retour sur la Lune comme point de départ d'un programme plus vaste « Moon to Mars ». Si la loi est promulguée, l'agence spatiale ne sera plus tenue de respecter le calendrier fixé en 2019 par l'administration Trump qui souhaiterait voir une mission habitée sur la Lune en 2024. Le projet de loi, soutenu par les deux plus hauts représentants démocrate et républicain du Comité, doit encore être adopté par la Commission avant de passer au vote à la Chambre.

Les plans actuels de la NASA prévoient l'utilisation de la station spatiale Gateway placée sur une orbite rectilinéaire autour de la Lune et qui servirait de relais entre la Terre et la surface de la Lune. Construite en collaboration avec d'autres agences spatiales, elle trouverait son utilité comme avant poste pour les missions lunaires ou ayant une destination plus lointaine, comme la planète Mars.

En parallèle, l'agence spatiale développe le vaisseau Orion pour le transport des équipages et la fusée lourde SLS. La NASA mise également sur le partenariat public/privé pour mener à bien ses objectifs, notamment en se tournant vers les industriels pour la partie logistique (acheminement du fret) et la mise au point du module lunaire.

Il y a quelques mois, la NASA avait fait un appel à propositions pour le développement d'atterrisseurs commerciaux pour lesquels elle serait cliente en achetant des services auprès des sociétés privées. Sur ce point, le Comité voudrait redonner une place prépondérante à l'agence spatiale mais surtout utiliser au maximum l'investissement des contribuables et réduire les risques et la complexité d'une telle mise en oeuvre. Pour se faire, le projet de loi ordonnerait à l'agence spatiale de concevoir un système d'atterrissage lunaire intégré embarqué sur une version améliorée du lanceur SLS et qui ne nécessiterait pas d'assemblage sur orbite. Boeing pourrait tirer son épingle du jeu en ayant soumis un projet similaire à ce que voudrait le Comité contrairement aux autres concurrents.

Le calendrier proposé par les représentants prévoit un retour sur la Lune en 2028 puis de poursuivre les expéditions lunaires à raison de deux missions par an de façon à préparer le terrain pour un voyage vers Mars cinq ans plus tard. Le projet de loi met à l'index la construction d'une base lunaire occupée en permanence ou encore les plans visant à utiliser des ressources comme la glace lunaire sur la Lune. Seuls seront financés par le budget « Moon to Mars », les développements qui permettent de faciliter une mission martienne habitée. Les autres devront trouver un financement alternatif. Le projet de loi restreint également tout développement d'un avant-poste lunaire ou d'une station de recherche en équipage continu. Toutefois, il préconise la poursuite de l'exploitation de la station spatiale internationale par la NASA au moins jusqu'en 2028.

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