Fin de carrière pour l'ATV

16-02-2015 Philippe VOLVERT

Le cinquième et dernier ravitailleur européen ATV vient d'achever sa mission de 6 mois dans l'espace en se désintégrant dans les hautes couches de l'atmosphère. Le contact avec l'engin a été perdu ce dimanche à 18 heures 11 TU alors qu'il plongeait vers l'Océan Pacifique. La rentrée atmosphérique met un point final à une aventure commencée vingt ans plus tôt.

C'est en effet en 1995 que l'agence spatiale européenne adopte le programme ATV (Automated Transfer Vehicle) en tant que contribution au projet international de station spatiale. Il s'agit d'un vaisseau d'une vingtaine de tonnes conçu pour transporter jusqu'à 7 tonnes de fret à destination des équipages de la station spatiale internationale. Contrairement aux vaisseaux Dragon, Cygnus ou encore HTV, l'ATV est capable de procéder à un amarrage au complexe orbital de manière automatique. L'équipage s'assure juste du bon déroulement des manoeuvres de rendez-vous et d'amarrage au module russe Zvezda. À l'issue d'un séjour en orbite dont la durée peut atteindre 6 mois, il se détache de la station chargé des détritus et se consume en effectuant une rentrée atmosphérique. Cinq engins de ce type ont été construits par Airbus Defense and Space. L'ATV-1, baptisé Jules Verne, est lancé en 2008. Il est suivi en 2011 par Johannes Kepler, puis Edoardo Amaldi en 2012, Albert Einstein en 2013 et enfin Georges Lemaître en 2014.

A l'origine, cet ultime ATV devait permettre de réaliser une expérience inédite, celle de la simulation de la rentrée destructive de la station spatiale. Pour se faire, l'engin devait se positionner à l'avant de l'ISS jusqu'au 27 février avant de plonger dans l'atmosphère suivant un angle peu prononcé. Une caméra installée à bord devait filmer les derniers instants et recueillir des données de température de l'avant du véhicule lors de la rentrée. Le 3 février dernier, une panne de l'une des quatre chaines de puissance du système d'alimentation électrique contraint les responsables de l'ESA à revoir le planning de fin de mission. L'agence spatiale européenne veut éviter qu'une seconde panne entraîne une mise en mode de survie de l'ATV pendant les deux semaines de vol libre, ce qui aurait compliqué les choses. Finalement, il est décidé de procéder à une rentrée standard pour ce type de véhicule. Après une séparation samedi à 13 heures 42 TU, l'ATV réalisait ses manoeuvres d'éloignement du complexe orbital. Deux allumages de ses moteurs programmés dimanche à 14:29 et 17:26 TU ont accéléré sa descente dans les couches de l'atmosphère terrestre où il s'est consumé. Georges Lemaître cède la place à Progress M-26M dont le lancement par une fusée Soyuz est fixé au mardi 17 à 11 heures TU depuis le cosmodrome de Baïkonour.

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