Une lune qui faillit être une planète

28-04-2012 Philippe VOLVERT

Tout semble indiquer de Phoebe, l'une des lunes de Saturne, serait un reliquat d'une planète en formation. A l'aide des instruments de la sonde Cassini, les scientifiques ont pu réaliser une modélisation de la chimie, géophysique et géologie de Phoebe, ce qui a permis de la cataloguer comme étant un planétésimal ou le reste d'un bloc constitutif planétaire.

A l'origine, Phoebe devait être un objet de la ceinture de Kuiper, région qui se situe au-delà de l'orbite de Neptune. Son orbite autour du Soleil aurait croisé celle de Saturne, planète ayant une force d'attraction suffisante que pour la déloger de son orbite et en faire l'une de ses lunes. Ses paramètres orbitaux sembleraient confirmer la théorie. En effet, Phoebe circule de façon rétrograde autour de la planète aux anneaux, à la distance respectable de 11 à 15 millions de km avec une inclinaison de 175° par rapport à la ligne équatoriale de Saturne, tout le contraire des vraies lunes qui se sont constituées à partir des reliquats de la formation de Saturne et qui orbitent sur le plan équatorial. D'autres lunes de Saturne possèdent les caractéristiques de Phoebe mais c'est cette dernière qui est la plus grande avec ses 220 km de diamètre moyen.

En combinant les données de Cassini avec les modèles théoriques, les planétologues ont pu retracer son histoire et comprendre pourquoi cette lune était différente des autres. Elle serait âgée de 3 milliards d'années environ et se serait formée par accrétion. Tout semble indiquer qu'elle devait être poreuse mais que les cavités ont été comblées suite à des effondrements. Elle a développé une densité supérieure de 40% aux lunes intérieures de Saturne. Lors de sa formation, elle a accumulé assez de substances radioactives qui a vraisemblablement pu la chauffer à court terme, jouant un rôle non négligeable dans la remodélisation de sa surface qui devait être quasi sphérique à l'origine. La chaleur a mis des dizaines de millions d'années avant de se dissiper. Durant cette période chaude, Phoebe a pu accueillir de l'eau qui s'est ensuite gelée lorsque la lune a commencé à refroidir comme en témoigne les données récoltées par la sonde Cassini.

Sources

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