Un pôle Sud chaud sur Neptune

23-09-2007 Véronique CHEVALIER

Publiées le 18 septembre dernier, les découvertes d'un équipe internationale d'astronomes, faites grâce au Very Large Telescope du Chili, révèlent que le pôle Sud de Neptune est plus chaud que les autres régions de la planète. En établissant la première carte des températures de la couche la plus basse de l'atmosphère neptunienne, les scientifiques ont mis en évidence que le pôle méridional crée, par sa chaleur, un chemin pour que le méthane puisse s'échapper de la haute atmosphère. En effet, les températures y sont si élevées que ce gaz, qui devrait normalement geler au niveau de la stratosphère, peut en réalité filtrer au travers.

Le pôle Sud de Neptune est plus chaud d'environ 10° Celsius que le reste de la planète dont la température globale avoisine les -200° Celsius.

Il faut se rappeler que Neptune est la planète la plus éloignée du Système Solaire, elle est à peu près 30 fois plus distante du Soleil que ne l'est la Terre. Seulement un millième de la lumière solaire qui atteint notre planète arrive jusqu'à sa plus lointaine soeur. Et pourtant, cette infime parcelle de rayons lumineux influence de façon significative l'atmosphère de Neptune.

Les astronomes ont encore pu noter que ces variations de températures s'opèrent de concert avec les changements de saisons. Une année neptunienne dure plus ou moins 165 ans et cela fait maintenant 40 ans que c'est l'été au pôle Sud. Selon toute prévision, lorsque l'hiver laissera la place à la saison chaude au pôle Nord, une grande quantité de méthane se dégagera de cet endroit dans quelques 80 ans.

Le pôle méridional de Neptune est actuellement incliné vers le Soleil, de la même manière que le pôle Sud de la Terre est orienté vers notre étoile durant l'été de l'hémisphère Sud. A la différence près que sur Neptune l'été antarctique s'étend sur 40 années et que l'énergie solaire captée pendant tout ce temps peut provoquer d'importants écarts de températures entre les régions ainsi qu'entre le jour et la nuit. C'est aussi probablement ce qui explique que Neptune est sujet aux vents les plus violents (soufflant jusqu'à plus de 2000 km/h) de tout le Système Solaire.

Le méthane n'est pas le premier constituant de l'atmosphère de Neptune qui, comme toute autre planète géante, est principalement composée d'hydrogène et d'hélium, des gaz plus légers. Mais c'est le méthane qui, dans les couches supérieures de l'atmosphère, absorbe la lumière rouge des rayons solaires et renvoie la lumière bleue vers l'espace nous laissant voir Neptune de la même teinte.

Sources

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