Un océan de magma sous la croûte de Io

14-05-2011 Philippe VOLVERT

Une étude menée en collaboration avec trois Universités américaines a été publiée cette semaine dans le journal Science. Elle est fondée sur les données collectées par la sonde Galileo qui a étudié Jupiter et ses lunes entre décembre 1995 et septembre 2003, notamment lors des survols de Io en octobre 1999 et février 2000. Ces données indiquent que Io émet un signal continu en réaction au champ magnétique de Jupiter, signe de la présence d'un océan global contenant du magma fondu ou du moins partiellement fondu caché sous la croûte à une profondeur comprise entre 30 à 50 km. Cet océan de magma représenterait environ 10 % du volume du manteau et sa température devrait avoisiner les 1 200°C. Il serait à l'origine du plus haut niveau d'activité volcanique connu dans le système solaire. Les travaux récents dans la physique minérale ont prouvé qu'un groupe de roches connues sous le nom de roches « ultramafiques » deviennent capables de porter le courant électrique substantiel une fois fondues. Les roches ultramafiques sont ignées d'origine ou formée par le refroidissement du magma. Sur Terre, elles sont censées provenir du manteau.

Une estimation montre que Io produit cent fois plus de lave chaque année que ce que produisent tous les volcans terrestres sur la même période. Alors que les volcans terrestres sont localisés dans des points névralgiques comme la « Ceinture de feu » autour de l'océan Pacifique, les volcans de Io sont distribués partout sur sa surface.

C'est en 1979 lors du survol de Jupiter par les sondes Voyager que la spécificité de Io a été découverte. Jusqu'alors, les planétologues s'accordaient sur le fait que les lunes des autres planètes ne devaient pas trop différer de notre lune. Les premiers clichés pris par les sondes ont remis en question l'idée que l'on se faisait du système solaire et depuis, les lunes ont été l'une des priorités lorsqu'une planète était explorée.

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