Premier bilan pour la première année de mission de Venus-Express

13-04-2007 Véronique CHEVALIER

Le 11 avril dernier, cela faisait un an jour pour jour que la sonde européenne Venus Express s'était placée en orbite autour de Vénus pour mener sa mission d'observation. Par le plus grand des hasards, la planète était alors au plus près de la constellation Pléiades. Mais c'était aussi et surtout l'occasion pour les scientifiques de l'ESA de tirer un premier bilan de leur récolte de données.

Au terme d'un voyage de 400 millions de km et de 5 mois - Venus Express est partie du désert du Kazakhstan le 09 novembre 2005 - , la sonde atteignait Vénus le 11 avril 2006. Elle était alors la première sonde européenne à s'intéresser à cette planète et est aujourd'hui la seule en orbite autour d'elle. En effet, Vénus n'avait plus été abordée depuis 1994 malgré un grand engouement des Russes et des Américains durant les années 60 à 90.

Pour fêter ce premier anniversaire, Vénus avait rendez-vous avec la constellation Pléiades, offrant ainsi un joli tableau nocturne aux spectateurs terrestres. Les particularités respectives et opposées de Vénus et Pléiades sont à l'origine de ce spectacle exceptionnel. D'un côté il y a Vénus, très brillante, grâce à son épaisse atmosphère qui réfléchit 70% de la lumière reçue. Elle est d'ailleurs la planète la plus lumineuse du système solaire et elle est aisément reconnaissable parmi toutes les étoiles et planètes. De l'autre coté Pléiades est, elle, beaucoup plus pâle car cette constellation, relativement jeune et pas encore totalement formée, se trouve à une distance de 400 années-lumière. C'est ce contraste étonnant entre deux corps alors très proches qui a pu être admiré.

La fin de cette première année passée autour de notre voisine a aussi permis aux membres de l'ESA de rassembler toutes les données acquises. Un grand nombre d'informations est en leur possession et permettra, après une analyse poussée, de mieux comprendre Vénus la secrète. Venus Express a été envoyée pour étudier l'atmosphère de la planète, ses nuages et ses vents mais aussi son interaction avec le vent solaire et l'environnement interplanétaire. De plus, la sonde se penche sur la surface vénusienne, à la recherche, notamment, d'une éventuelle activité volcanique. A ce jour, Venus Express a déjà livré de précieux résultats : une image précise du double vortex au pôle Sud, des données tridimensionnelles de la structure et de la dynamique des nuages d'acide sulfurique et une carte des températures de la surface et de l'atmosphère à différentes altitudes. Le but principal est bien sûr de lever tous les mystères que renferme Vénus mais également, et plus indirectement, de mieux comprendre la longue évolution de notre propre climat.

Tout dernièrement, l'ESA révélait encore de nouvelles informations sur un phénomène qui fait ressembler Vénus à une lanterne spatiale du côté nuit de la planète. Il avait déjà été détecté par les Russes mais la sonde européenne en fournit maintenant une vue à la fois globale et détaillée. La fluorescence se produit quand des atomes d'oxygène, présents dans l'atmosphère de Vénus, se transforment en molécules d'oxygène (en O2), lesquelles émettent alors de la lumière. Ces atomes d'oxygène proviennent, quant à eux, du CO2 présent en grande quantité dans l'atmosphère vénusienne. Ce CO2 libère les atomes d'oxygène sous l'action des rayons ultraviolets solaires. Cette cassure survient donc du côté de la planète exposé au Soleil ; les atomes sont ensuite transportés du côté plongé dans la nuit, ils passent de la haute atmosphère à une atmosphère plus basse, la mésosphère, où ils deviennent de l'O2. C'est alors qu'ils émettent cette lumière caractéristique, visible même depuis la Terre.

En outre, les observations de ce phénomène sont essentielles à 3 niveaux. Premièrement, elles permettront de bien déterminer comment se comporte l'atmosphère de Vénus. Deuxièmement, les analyses fourniront de nouveaux indices à propos de la chimie de cette atmosphère et permettront de voir si il existe des mécanismes qui influencent les changements s'y opérant. Et troisièmement, elles pourraient amener une meilleure compréhension des interactions entre la mésosphère et la thermosphère de Vénus.

Sources

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