On a atterri sur une comète

13-11-2014 Philippe VOLVERT

Il est 16 heures 03 TU lorsque le centre de contrôle de Darmstad en Allemagne reçoit la confirmation de l'atterrissage de Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Là, tout comme dans les différents lieux de rendez-vous en Europe où l'on pouvait suivre les évènements en direct, c'est l'explosion de joie. Pourtant la partie était loin d'être gagnée, tant d'inconnues pouvaient bouleverser le plan de vol établi par les responsables de la mission. L'influence de l'activité cométaire au moment du largage de l'atterrisseur pouvait modifier la trajectoire de ce dernier. Lors du contrôle final avant séparation d'avec Rosetta, un problème est détecté au niveau de la petite tuyère placée sur le dessus de Philae et qui devait contrebalancer le recul des harpons pour maintenir l'atterrisseur à la surface. Mais finalement tout est bien qui finit bien... ou presque. Les données télémétriques envoyées par Philae indiquent que les harpons ne se sont pas accrochés, ce qui a eu pour conséquence de provoquer un voire deux rebonds après un premier contact avec le sol. L'engin pourrait s'être posé plus loin que ce que l'on pensait au départ. L'agence spatiale européenne se veut rassurante puisque dans un communiqué, elle indiquait que les communications entre Rosetta et l'atterrisseur sont bonnes, que l'alimentation électrique via les cellules solaires est nominale et qu'elle pourrait tenter de tirer à nouveau sur les harpons pour ancrer l'engin. Ce matin, les responsables de la mission ont réussi à récupérer les premières images prises par les caméras, ce qui est des bons augures pour la suite des évènements.

La suite des évènements c'est l'exploration scientifique du site d'atterrissage. Philae aura 60 heures pour une première approche scientifique qui comprend une vue panoramique complète du site d'atterrissage, une analyse in-situ du site jusqu'à une profondeur de 23 cm (à condition que ça ne mette pas en péril la fragile stabilité de l'engin sur la surface de la comète). Au-delà de ce délai, en fonction de l'état de l'alimentation des panneaux solaires et des résultats obtenus, les responsables de la mission pourraient adapter le programme de recherche afin de prolonger le plus longtemps possible la phase d'exploration scientifique. Doté de 10 instruments, Philae devrait déterminer la composition du noyau de la comète, analyser les gaz et les molécules organiques complexes prélevés dans le sol, mesurer les relations isotopiques d'éléments légers, mesurer les propriétés physiques et mécaniques du sol, analyser la composition chimique des échantillons prélevés et étudier la propagation des ondes sonores à travers la surface. Les résultats obtenus complèteront ceux transmis par la sonde Rosetta en orbite autour de 67P/Churyumov-Gerasimenko depuis août dernier.

Sources

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