Messenger n'est plus

01-05-2015 Philippe VOLVERT

La sonde américaine Messenger s'est écrasée sur Mercure, mettant fin à une mission de 4 ans autour de la planète la plus proche du Soleil. L'équipe du Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory en charge de la sonde a perdu le contact avec l'engin ce jeudi à 19 heures 30 TU.

L'aventure Messenger (MErcury Surface, Space ENvironment, GEochemistry, and Ranging) commence en août 2004 par son lancement de Cape Canaveral. Au terme d'une véritable partie de billard cosmique de sept années qui lui fait survoler à plusieurs reprises Mercure, Vénus et la Terre, la sonde se satellise autour de la planète la moins connue du système solaire interne. La NASA lui donnait un an pour approfondir les connaissances acquises lors d'une précédente mission qui avait défriché le terrain dans les années 70 lors de trois passages rapprochés. Le bon fonctionnement de la sonde a conduit l'agence spatiale à poursuivre l'exploration scientifique jusqu'à épuisement de ses ergols. Les réservoirs à sec, Messenger a plongé vers la surface de Mercure à la vitesse de 3,9 km/s créant un cratère de 16 m de large au nord du cratère Shakespeare.

La moisson scientifique engrangée par la sonde est importante. La plus notable est sans doute la confirmation de la présence de glace d'eau aux pôles de la planète. Des observations réalisées depuis la Terre suggéraient cette probabilité. Aux pôles, la lumière solaire est rasante et les remparts de certains cratères lui font barrage, protégeant la glace d'une sublimation. Les instruments embarqués sur la sonde ont permis de cartographier Mercure sous différentes longueurs d'ondes, mettant en évidence la présence de certains éléments chimiques comme une abondance de potassium, de thorium et d'uranium et d'autres composés volatils à la surface. Messenger s'est aussi intéressée à la structure même de la planète. Il apparaît que depuis sa formation, Mercure aurait vu son diamètre réduire de 7 km en raison du refroidissement de son noyau. La contraction de la croûte de la planète a conduit à la formation d'importantes falaises, hautes de plusieurs kilomètres et longues de plusieurs de centaines de kilomètres. L'altimètre laser a déterminé le point culminant de Mercure qui affiche une altitude de 9 km.

Alors que la mission Messenger s'achève, une autre est en cours de préparation. BepiColombo est le fruit d'une collaboration entre l'Europe et le Japon. Son lancement est prévu en 2017 par Ariane 5 avec une arrivée autour de la planète Mercure en 2024. BepiColombo s'inscrit dans la continuité de Messenger. Elle se composera de deux sondes qui seront spécialisées dans un domaine. La sonde européenne s'intéressera à la planète elle-même tandis que la sonde japonaise étudiera l'environnement de la planète.

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