Mars-Express quantifie la glace présente au pôle Sud de Mars

22-03-2007 Véronique CHEVALIER

Il y a quelques jours, l'ESA faisait part des derniers résultats des observations de Mars-Express. Partie explorer Mars en 2003, la sonde européenne poursuit son étude de la planète rouge et a, à cette heure, déterminé avec certitude la quantité d'eau glacée contenue dans le sous-sol du pôle Sud.

Mars-Express, et son atterrisseur Beagle, avaient quitté le sol terrestre, kazakh plus précisément, le 02 juin 2003, à bord d'une fusée Soyouz/Fregat. Il s'agissait alors pour l'ESA du départ de sa première sonde en direction d'une planète du système solaire, Mars.

Cependant, et bien entendu, d'autres missions s'étaient déjà dirigées vers notre voisine. La première à être couronnée de succès appartenait à la NASA et offrit, en 1964, les 28 premières photographies de Mars au monde. De leur côté, les Russes peuvent se targuer d'avoir été les détenteurs chanceux de la première sonde à s'être mise en orbite autour de la planète, grâce à Mars 2. C'était en 1971. La Russie fut également à l'origine du premier atterrissage sur le sol martien avec Mars 3, même si le contact fut plus que bref, ne durant que 20 petites secondes.

Quelques - longues - années plus tard, et après d'autres tentatives plus hasardeuses, c'était donc au tour de l'Agence Spatiale Européenne de s'intéresser à Mars avec sa sonde Mars-Express. Cette même année - 2003 - vit aussi le lancement de deux autres véhicules spatiaux, Spirit et Opportunity, dépendant eux de la NASA et marquant définitivement le regain d'enthousiasme pour la planète rouge. Mars-Express a entamé sa mission fin 2003, se plaçant, d'abord, en orbite autour de Mars et envoyant, ensuite, ses premiers clichés de la planète. Ces images à haute résolution présentaient la surface de Mars, à savoir un paysage de montagnes, vallées et plateaux, visiblement érodé par l'action d'un liquide. L'étude détaillée de la surface de la planète fait partie des objectifs de la mission, au même titre que l'observation de son atmosphère et de ses structures souterraines. L'analyse du sous-sol vint d'ailleurs très vite confirmer ce que laissait entrevoir la morphologie de la surface ; la présence d'eau, à l'état de glace, fut détectée au pôle Sud dès le 23 janvier 2004.

Depuis, d'autres études sur l'existence de cette eau ont été menées par Mars-Express et, il y a à peine quelques jours, l'ESA en publiait les deniers résultats. Le radar super puissant de la sonde, Marsis, a réussi à calculer la quantité d'eau que renferment les couches de dépôts du pôle Sud de la planète. L'appareil s'est livré à une cartographie souterraine du pôle méridional et a déterminé que le mélange de glace et de poussières qu'il abrite atteint une épaisseur moyenne de 11 mètres (certaines zones descendent jusqu'à une profondeur saisissante de 3,7 km). Si toute cette glace venait à fondre, l'eau ainsi obtenue pourrait recouvrir toute la surface de la planète ! Avec ces nouvelles données, Marsis est devenu le premier instrument capable d'atteindre une telle profondeur et de capter des détails incroyables. Il a pu, dans le même temps, révéler que les strates de dépôts sont composées à 90% d'eau. De plus, il a amené les chercheurs de l'ESA à s'interroger sur la présence éventuelle, et en très faible quantité, d'eau liquide, même si cela semble fortement inenvisageable, en raison des trop froides températures de Mars.

Maintenant, Marsis est occupé à cartographier des strates de dépôts semblables situées au pôle Nord. Ces zones polaires contiennent la majeure partie de l'eau découverte sur Mars, même s'il reste probable que d'autres lieux de la planète ont dû être, en d'autres temps, humides. La présence de cette eau et l'étude de son histoire sont d'une importance capitale car ce sont elles qui pourront nous apprendre s'il y a eu, à un moment ou un autre, une vie sur Mars, toutes formes de vies connues à ce jour ayant besoin d'eau à l'état liquide pour se développer.

Pour finir, on peut encore souligner que l'analyse du sous-sol martien a dévoilé une autre caractéristique de la planète. En effet, le poids conséquent de la glace n'a pas entraîné l'écroulement de la croûte, ce qui signifie qu'elle est extrêmement rigide. Cela peut sans doute être attribué à la température interne de Mars, probablement très basse.

Sources

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