La NASA enverra un drone pour explorer Titan

28-06-2019 Philippe VOLVERT

La NASA ambitionne d'envoyer une mission d'exploration de Titan, l'une des lunes de Saturne et la plus mystérieuse du système solaire.

La mission Dragonfly sera lancée en 2026 pour arriver à destination en 2034. Le vaisseau spatial plongera dans l'épaisse atmosphère de Titan pour y déployer un drone qui arpentera la surface pendant 2,7 ans.

L'équipe en charge de la mission va pouvoir s'appuyer sur les données recueillies par la sonde Cassini de 2004 à 2017 pour repérer les endroits dignes d'intérêt scientifique. Dans un premier temps, Dragonfly se posera dans les champs de dunes équatoriales « Shangri-La ». La région sera étudiée au cours d'une série de déplacements ne dépassant pas huit kilomètres, s'arrêtant en cours de route pour prendre des échantillons. La mission s'achèvera dans le cratère d'impact de Selk, où l'on trouve des traces d'eau liquide et de composés organiques. En tout, ce ne sont pas moins de 175 km qui seront parcourus par le drone. Dix zones ont d'ores et déjà été choisies pour une exploration plus poussée.

Dragonfly aura pour mission de rechercher les processus chimiques prébiotiques communs à Titan et à la Terre. L'idée est de comprendre comment la vie a pu émerger à partir d'éléments chimiques initialement inertes. En effet, Titan ressemble à s'y prendre à la Terre telle qu'elle était avant l'apparition de la vie, à la différence que la température sur la lune de Saturne est largement en dessous du point de congélation de l'eau. Seuls subsistent à l'état liquide, les dérivés d'hydrocarbure que sont le méthane et l'éthane. Ils jouent sur Titan, un rôle identique à celui de l'eau sur Terre, créant des lacs, rivières et même des mers.

Dragonfly est la quatrième mission du programme New Frontier dont le coût est plafonné à un milliard de dollars. Elle a été proposée par l'Applied Physics Laboratory de l'Université Johns-Hopkins suite à un appel d'offre de projets lancé par la NASA. Dragonfly était en compétition avec une mission de retour d'échantillons de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, celle là même qui a été étudiée par la sonde européenne Rosetta.

Sources

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