L'atmosphère tumultueuse de Jupiter se dévoile

11-03-2018 Philippe VOLVERT

La sonde Juno en orbite autour de Jupiter nous dévoile peu à peu les secrets de la géante gazeuse. Il y a quelques jours, une série de quatre articles étaient publiés dans la revue Nature se basant sur les mesures du champ de gravité de la planète par Juno. Il en ressort une cartographie du champ gravitationnel de Jupiter la plus précise jamais réalisée et une meilleure compréhension de la structure interne de la planète.

Les données scientifiques révèlent une asymétrie entre les hémisphères nord et sud, semblable à celle observée dans les différentes bandes nuageuses de la planète. Pour les chercheurs, un tel phénomène ne peut trouver une explication que dans les profondeurs atmosphériques.

Vue de l'espace, la surface visible de Jupiter se divise en bandes parallèles, alternativement claires et sombres, qui tournent à des vitesses différentes et dans des sens opposés. Les bandes joviennes ont pour limites des écoulements atmosphériques zonaux appelés courants-jets mais le mécanisme et leur profondeur restaient inexpliqués.

Ce que révèle la sonde Juno, c'est que la couche atmosphérique est plus dense que ce que l'on pensait jusqu'à présent et les courants-jets s'enfonceraient jusqu'à 3 000 km. Les lois de la physique font qu'à cette limite, l'hydrogène change d'état en raison de la pression atmosphérique extrême et prend des propriétés métalliques. L'asymétrie trouve son explication par la présence de vents plus rapides au nord qui déplacent une masse colossale de gaz atmosphérique. Les charges électriques interagissent avec le champ magnétique de Jupiter, donnant un mouvement de rotation uniforme au coeur de la planète.

La sonde Juno a également mis en évidence les systèmes cycloniques présents aux pôles de Jupiter mais invisibles depuis la Terre. Dans l'hémisphère Nord, on observe un gigantesque cyclone entouré par huit autres d'un diamètre allant de 4 000 à 4 600 kilomètres avec des vents qui peuvent atteindre 350 km/h. Un phénomène similaire est observé au pôle Sud avec un cyclone escorté par cinq autres avec un diamètre variant entre 5 600 et 7 000 km. Presque tous les cyclones des deux pôles sont serrés l'un contre l'autre sans pour autant fusionner, une nouvelle énigme que devra résoudre Juno.

Sources

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