De l'eau liquide sous la croûte d'Encelade

09-04-2014 Philippe VOLVERT

Comprendre la structure interne d'Encelade était l'une des priorités de la mission Cassini depuis la découverte de geysers de vapeur d'eau s'échappant de failles au pôle Sud de la lune glacée de Saturne lors d'un survol en 2005. Depuis, d'autres passages dans la zone ont permis de déterminer que les jets avaient une température supérieure à la zone environnante, argument en faveur de la présence d'une source d'eau liquide sous la croûte de glace.

Une équipe de scientifique, dirigée par Luciano Iess, de l'Université Sapienza à Rome, est parvenue à mesurer une diminution de vitesse de la sonde, de l'ordre de 0,2 à 0,3 mm/s par effet Doppler lors de trois survols en 2010 et 2012. Aussi minime soit-il, ce changement a une explication. Il s'avère que le champ gravitationnel d'Encelade est plus faible au pôle Sud en raison d'un déficit de masse lié à une dépression topographique. En ce basant sur le ralentissement de Cassini, des modèles informatiques suggèrent la présence d'une mer d'eau liquide d'une dizaine de kilomètre de profondeur protégé par une croûte de glace dense de 30 km d'épaisseur. Elle pourrait s'étendre depuis le pôle Sud jusqu'à 50 degrés de latitude.

L'idée d'une poche d'eau liquide, voire d'un océan d'eau global n'est pas nouvelle puisque Gabriel Tobie, de l'Université de Nantes, et Ondrej Cadek, de l'Université Charles de Prague en avaient déjà émis l'hypothèse pour expliquer le phénomène des geysers découverts par la sonde. Si les preuves s'accumulent pour l'existence d'une source d'eau liquide, il faudra probablement une mission spécifique pour en mesurer l'ampleur. D'autant plus que d'ici la fin de la mission Cassini en 2017, seuls 3 vols rapprochés sont prévus dont un à 49 km d'altitude en octobre 2015.

Sources

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