Cassini au plus près d'Encelade

11-10-2008 Philippe VOLVERT

En survolant la surface d'Encelade à seulement 25 km d'altitude, la sonde américaine Cassini a pulvérisé son record précédent datant du 11 août dernier. Cette fois là, l'engin avait scruté les failles du pôle sud de la lune de Saturne à 50 km d'altitude.

Satellisée autour de Saturne depuis juillet 2004, la sonde Cassini décrit une orbite qui l'amène à survoler occasionnellement les différentes lunes de la planète. Si Titan est une cible de choix en raison de la présence de lacs d'hydrocarbure et d'une atmosphère épaisse, Encelade n'en demeure pas moins intéressante. D'autant plus que les différents survols ont permis de découvrir que la géologie d'Encelade est encore active, du moins au pôle sud du satellite naturel de Saturne. Après la découverte de quatre fractures parallèles striant sa surface gelée, les caméras de Cassini ont mis en évidence des émissions de gaz provenant de ses entrailles. Une analyse effectuée in situ de ces éjections a permis d'identifier les principaux composants. Les gaz projetés jusqu'à 500 km d'altitude sont essentiellement constitués d'eau mélangée à de l'ammoniac.

Le survol, réalisé à la vitesse de 17,7 km/seconde ce 09 octobre, devait permettre de couvrir la surface sud d'Encelade et de fournir des images d'une résolution de 8,4 mètres. Cassini a profité de ce rase-mottes pour cartographier la région de trois manières. La première permettra de dresser une carte plus précise des températures des différents terrains et failles de la région. Elle sera complémentaire d'une seconde carte servant à détecter les points chauds, sources des émanations gazeuses d'Encelade. La dernière est une cartographie chimique qui permettra d'identifier les différents composants présents à la surface. Les instruments de Cassini ont également été mis à contribution pour mesurer les particules présentes dans la zone survolée. Les instruments devaient déterminer la nature des particules provenant de la surface et leur relation avec l'anneau E de Saturne mais également distinguer les deux types de particules, c'est-à-dire celles provenant de la surface même et dégagées par les micro impacts et les particules provenant des geysers. Quant au radar, il a été mis à contribution pour déterminer la rugosité du sol et dresser un bilan énergétique de la surface d'Encelade.

Sources

Sur le même sujet