BepiColombo, partie percer les mystères de Mercure

20-10-2018 Philippe VOLVERT

BepiColombo entame son voyage de sept ans qui l'amènera en 2025 à la planète Mercure, sa destination finale. La double mission est partie la nuit dernière à 01:45:28 TU du Centre Spatial Guyanais à bord d'une Ariane 5. Le 245ème lancement de la fusée européenne s'est parfaitement déroulé avec la séparation de BepiColombo 27 minutes après le décollage. Plus tard dans la nuit, le centre de contrôle de l'ESA, basé à Darmstadt en Allemagne, réceptionnait les premières données indiquant que tout allait pour le mieux pour BepiColombo.

Atteindre Mercure, un voyage de sept ans

Pour rejoindre Mercure, BepiColombo ne va pas prendre une trajectoire directe. Il est nécessaire de réduire autant que possible sa vitesse de façon à se faire happer par l'attraction de Mercure. Pour y parvenir, elle va requérir à ce que l'on appelle dans le jargon spatial, l'assistance gravitationnelle. Dans le cas présent, il consiste à utiliser l'attraction des planètes pour ralentir. BepiColombo va bénéficier de neuf coups de frein de ce genre jusqu'à son arrivée en orbite autour de Mercure. Le premier devrait avoir lieu en avril 2020 lors d'un passage près de la Terre. Mais c'est Mercure qui détient le record de rencontres avec 6 assistances jusqu'en 2025.

BepiColombo devrait arriver à destination en décembre 2025 pour une mission d'une année avec la possibilité de prolonger ses mesures pendant une année supplémentaire.

Les objectifs de BepiColombo

BepiColombo est une mission menée conjointement par les agences spatiales européenne et japonaise. Chacune d'elle apporte un orbiter avec un objectif scientifique précis.

Mercury Planetary Orbiter est la contribution européenne au projet avec onze expériences embarquées. Outre l'Allemagne et l'Italie, les deux principaux investigateurs, le Royaume-Uni, la Russie, la Suisse et la Finlande ont participé au développement de la partie scientifique. Le champ d'action de MPO est large mais se concentre essentiellement sur la partie géologique au sens large du terme. Cela va de la cartographie de la surface de la planète à la recherche d'une éventuelle activité tectonique en passant par la détection de la présence éventuelle de glace à l'ombre des cratères des régions polaires et bien d'autres domaines encore.

Le Japon a fourni le Mercury Magnetospheric Orbiter spécifiquement conçu pour l'étude de l'atmosphère et de la magnétosphère de la planète Mercure. Ses données seront complémentaires à celles fournies par MPO.

Pourquoi Mercure ?

Mercure est la plus petite planète de notre système solaire et également la moins explorée. A ce jour, seules deux missions ont été menées pour percer ses mystères. BepiColombo est conçue pour répondre aux questions soulevées par la mission Messenger. Elle fournira des données quant à la formation des planètes dont l'orbite se trouve à proximité de leur étoile.

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