VEGA, un départ sous une pluie battante

07-05-2013 Philippe VOLVERT

Après un report de plusieurs jours en raison d'un vent persistant en altitude, la seconde fusée VEGA a placé sur orbite les trois satellites qui lui ont été confiés. La petite dernière de l'Agence Spatiale Européenne a décollé à 02 heures 06 et 31 secondes TU très précisément du Centre Spatial Guyanais. Les quelques badauds qui s'étaient déplacés sur les plages de Kourou n'ont pu profiter pleinement du spectacle. Une poignée de secondes après le décollage, VEGA était dissimulée par la couverture nuageuse très basse qui arrosait très généreusement la Guyane Française. Néanmoins, le vol s'est poursuivi normalement sur une trajectoire vers le nord, ponctué par les annonces de la directrice des opérations Aimée Cippe. Six minutes après le décollage, les trois étages à poudre avaient fait leur travail, cédant la place à l'étage à ergols stockables AVUM. Celui-ci s'est allumé à deux reprises avant la séparation du premier passager, le satellite Proba-V sur une orbite circulaire culminant à 820 km inclinée de 98,7°. Pour les deux autres passagers, une orbite plus basse était requise, nécessitant deux autres allumages de l'étage AVUM. Après deux heures de missions, les satellites VNREDSat-1 et ESTCube-1 étaient séparés sur une orbite circulaire de 620 km inclinée de 98,1°. Un succès pour la deuxième fusée VEGA qui réjouit Stéphane Israël, le nouveau patron d'Arianespace. Le leader mondial des lanceurs spatiaux dispose d'un carnet de commandes représentant 35 lancements, soit plus de trois ans d'activité.

Avec les deux passagers principaux, ce vol de VEGA était placé au service de la planète et de son développement durable. Le premier d'entre eux est le satellite Proba-V (Project for On-Board Autonomy and Vegetation). Ce satellite de l'ESA a été construit par QinetiQ Space Belgium. Au décollage, il accusait une masse de 138 kg. Tous les deux jours, il doit fournir une carte globale sur l'état de la végétation. Equipé de l'instrument VEGETATION, il doit assurer la continuité des images fournies par les satellites français SPOT 4 et 5 depuis 15 ans. Il collectera des informations sur l'influence du climat, la gestion des ressources pour les eaux de surface, la surveillance de l'évolution des zones agricoles, l'évaluation de la sécurité des aliments. Il servira également de démonstrateur technologique en emportant plusieurs expérimentations. La durée de vie du satellite est de 2,5 ans mais pourrait être prolongée à au moins 5 ans.

Le second passager principal est le satellite VNREDSat-1 construit par Astrium pour le compte de l'Académie des Sciences et des Technologies du Vietnam. Il pesait 115 kg au décollage. Il a comme mission d'observer les effets du changement climatique et doit permettre d'anticiper les catastrophes naturelles et ainsi assurer que les mesures soient prises plus rapidement pour les gérer. Ce satellite doit fonctionner pendant au moins 5 ans.

Quant au passager secondaire, il s'agit du CubeSat estonien ESTCube-1 développé par les étudiants de l'Université Nationale de Tartu. D'une masse de 1 kg, le nano satellite va tester des technologies qui pourront être utilisées sur les voiles solaires électriques, mode de propulsion particulièrement économique.

Sources

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