Sentinel 3B, un satellite pour surveiller les océans

25-04-2018 Philippe VOLVERT

Le satellite océanographique Sentinel 3B a été lancé par une fusée russe Rockot depuis le cosmodrome de Plesetsk. L'engin de 1 150 kg a été séparé moins d'1 heure et demie plus tard sur une orbite héliosynchrone culminant à 817 km d'altitude.

Juste après le lancement, le Centre européen d'opérations spatiales, situé à Darmstadt en Allemagne, a reçu un premier signal de Sentinel 3B, confirmant son bon état de santé. Après la mise en service du satellite, Eumetsat le prendra en charge pour les opérations de routine et assurera le volet maritime de la mission. L'Agence Spatiale Européenne, qui gère conjointement la mission avec l'organisation européenne de météorologie, se concentrera sur la partie terrestre.

Sentinel 3B rejoint son frère aîné Sentinel 3A lancé il y a deux ans. Tous deux font partie du programme Copernicus, une série de satellites déployée par l'Union européenne et l'ESA, qui vise à améliorer la gestion de l'environnement, comprendre et atténuer les effets du changement climatique et assurer la sécurité civile. Sa mission, d'une durée de 7 ans, pourrait être prolongée de cinq années supplémentaires.

Des instruments pour comprendre les océans

Sentinel 3B a été construit par Thales Alenia Space dans son usine de Cannes en France. Il utilise une plate-forme Prima Bus sur laquelle ont été assemblés les différents instruments scientifiques :

SLSTR (Sea and Land Surface Temperature Radiometer) est un radiomètre infrarouge qui va mesurer la température à la surface des eaux et des terres émergées. Il couvrira neuf bandes spectrales qui serviront à réaliser des cartes des températures avec une résolution de 500 m dans le visible et 1 000 mètres dans l'infrarouge.

OLCI (Ocean and Land Colour Instrument) est un spectromètre d'imagerie qui a une résolution de 300 m. Il utilise cinq caméras pour fournir un large champ de vision et qui auront la capacité de distinguer 21 bandes spectrales allant de l'optique au proche infrarouge. Sa mission première est de mesurer l'absorption de la vapeur d'eau, le niveau des aérosols et le taux d'absorption de la chlorophylle. Il sera également en mesure de surveiller l'état des océans (courant, vie marine, ...) et des zones côtières (pollution, courant, ...).

SRAL (Sar Radar Altimeter) est un radar altimètre qui va mesurer la topographie des océans et les surfaces aquatiques mais aussi l'épaisseur des banquises et glaciers. L'instrument est une version évoluée de l'altimètre embarqué sur plusieurs satellites dédiés à l'étude de l'environnement.

MWR (Microwave Radiometer) est un radiomètre micro-onde qui mesurera la topographie de la surface des océans, des glaces et des régions côtières. Ses données seront utilisées pour surveiller l'impact des changements climatiques.

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