Le vol inaugural d’Alpha se solde par un échec

03-09-2021 Philippe VOLVERT

Le vol inaugural d’Alpha a tourné court la nuit dernière avec une explosion survenue un peu plus de deux minutes après le décollage de la base de Vandenberg en Californie.

La fusée développée par Firefly Aerospace a pris son envol du pad de tir SLC-2W à 01 heure 59 TU. Dans un premier temps, tout semblait se dérouler comme prévu. Mais à T+1 minute 47 secondes, un contrôleur a annoncé une première anomalie. A cet instant, Alpha devait avoir atteint la vitesse supersonique depuis environ 40 secondes mais elle ne franchira ce cap qu’à T+2 minutes 18 secondes. Malgré son ascension plus lente que prévue, la fusée a continué à monter durant encore une poignée de secondes avant de basculer et d’exploser. L’ordre de destruction a été envoyé par le Space Launch Delta 30, une unité de l'United States Space Force, en charge de la surveillance des opérations à Vandenberg.

L’échec de la mission a conduit à la perte des satellites qui devaient être placés sur orbite par la fusée. Sous la coiffe se trouvaient plusieurs CubeSat à visées éducatives, artistiques et de recherche. Firefly Aerospace offrait ce lancement gratuitement dans le cadre du programme DREAM (Dedicated Research and Education Accelerator Mission).

Dans les prochaines semaines, les paramètres du vol vont être analysés pour déterminer les causes exactes de l’accident. Des mesures correctives seront mises en place pour corriger le problème et reprendre les vols le plus rapidement possible.

Alpha, une nouvelle venue dans la classe des petits lanceurs

Alpha est une fusée développée par Firefly Aerospace, une start-up basée à Austin (Texas) pour répondre aux besoins du marché en plein essor des petits satellites.

La fusée est constituée de deux étages fabriqués majoritairement en matériau composite à base de fibre de carbone. Elle mesure environ 29,8 mètres de long pour une masse de 54,1 tonnes au décollage. Elle est conçue pour expédier une charge utile d’une tonne sur une orbite basse ou 630 kg sur une orbite héliosynchrone à 500 km d’altitude.

La société aérospatiale pourrait devenir un concurrent redoutable en proposant ses services à prix cassés. Un lancement avec la fusée Alpha sera facturé pour un montant de 15 millions $, à répartir entre le nombre de satellites embarqués.

Firefly Aerospace ambitionne d’effectuer un lancement toutes les deux semaines en moyenne depuis la base de Vandenberg et/ou de Cape Canaveral. La cadence soutenue permettra aux clients de choisir l’opportunité de lancement qui leur convient le mieux et vers l’orbite souhaitée.

Sources

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