La Chine complète son système de géolocalisation Beidou 3

23-06-2020 Philippe VOLVERT

Après un report de quelques jours pour corriger un problème technique, la fusée chinoise Chang-Zheng 3B a parfaitement rempli sa 67ème mission en plaçant sur orbite le satellite BD-3 G3. Le décollage a eu lieu à 01 heures 43 TU depuis le centre spatial de Xichang, au Sud-Ouest de la Chine. Le lancement de la nuit dernière marque également la reprise des vols pour cette version du lanceur chinois, suite à l'échec d'avril dernier qui avait entraîné la perte du satellite indonésien Palapa N1.

Avec le succès du lancement, la Chine achève le déploiement de son système de géolocalisation Beidou troisième génération. Aujourd'hui opérationnel, il comprend 35 satellites lancés depuis 2015. Ils sont répartis sur différentes orbites afin de permettre une couverture mondiale en service de navigation et de positionnement par satellites avec une précision inférieure à 5 mètres en Eurasie et d'environ 10 mètres dans le reste du monde. Le système Beidou a besoin d'au moins 30 satellites fonctionnant à tout moment pour assurer un service de navigation mondial ininterrompu.

Trois satellites (BD-3 I) sont positionnés sur une orbite géosynchrone inclinée qui oscille de 55 degrés entre le nord et le sud de l'équateur à chaque orbite de 24 heures.

Trois satellites (BD-3 G) sont placés sur une orbite géostationnaire, répartis entre 59 degrés Est et 160 degrés Est. Le satellite lancé la nuit dernière fait partie de cette catégorie. Il repose sur la plate-forme DFH-3B développée par China Academy of Space Technology. Il pesait 4,6 tonnes au décollage et sa durée de vie optimale est estimée à 8 années. Il est équipé d'une antenne réseau à commande de phase pour les signaux de navigation et d'un rétroréflecteur laser, ainsi que d'antennes déployables en bande S/L et en bande C.

Mais le plus gros de la constellation Beidou 3 repose sur les 27 satellites BD-3 M déployés entre 2015 et 2019 sur une orbite circulaire culminant à 22 000 km et inclinée à 55 degrés. Ensemble, ils couvrent de façon permanente la planète, à l'instar du GPS américain, Glonass russe ou encore Galileo européen.

Le programme Beidou a été approuvé par le gouvernement chinois en 1994 pour mettre fin à la dépendance au réseau GPS de l'armée américaine. Il a commencé à fournir des services gratuits pour des applications commerciales dans la région Asie-Pacifique à la fin de l'année 2012. Le système a été déclaré opérationnel en 2019. Il est utilisé tant pour des applications civiles que militaires, notamment pour les transports, l'agriculture, la pêche et les secours en cas de catastrophe. Selon l'agence de presse Xinhua, plus de 70 % des smartphones en Chine sont équipés pour recevoir les signaux Beidou, et plus de la moitié des pays dans le monde utilisent les services du système chinois de géolocalisation.

Retard pour Falcon et VEGA

La fusée européenne VEGA a bien du mal à décoller. Après une suspension de sa campagne de lancement en raison de la pandémie de Covid 19, la voilà clouée au sol à cause de vents en altitude. Prévue pour la nuit du 18 au 19 juin, la mission VV16 a été reportée à une date indéterminée. Arianespace communiquera la nouvelle fenêtre de tir une fois que les conditions météorologiques se seront améliorées.

La météo n'est pas plus favorable en Floride où une Falcon 9 est en préparation pour lancer une nouvelle salve de satellites Starlink. Le service météorologique prévoyait 40% de conditions acceptables le jour du décollage avec une forte présence de cumulus présentant un risque de foudroiement. Les conditions n'étant pas réunies, SpaceX a préféré reporter le lancement de 48 heures. Il est désormais prévu le jeudi 25 en soirée.

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