Falcon 9 à nouveau sur les rails

14-01-2017 Philippe VOLVERT

Quatre mois après sa spectaculaire explosion sur la rampe de lancement, Falcon 9 a bien repris le chemin de l'espace. La fusée a décollé à 17 heures 54 TU de la base de Vandenberg avec dix satellites à son bord qu'elle a placé correctement sur orbite une heure plus tard. Entretemps, le premier étage a réussi à se poser sur la barge « Just Read the Instructions » stationnée dans l'Océan Pacifique au large de la Californie.

Ce vingt-neuvième lancement de Falcon 9, le neuvième dans la configuration V1.2, marque le retour en vol de la fusée de SpaceX clouée au sol après l'accident survenu le premier septembre dernier lors d'un essai au sol à Cape Canaveral. L'enquête qui a suivi a pu déterminer l'origine de l'explosion même s'il existe encore quelques zones d'ombre dans la chaîne d'évènements. L'un des réservoirs d'hélium, utilisé pour la pressurisation du deuxième étage, aurait explosé générant des ondes de choc qui ont vaporisé l'oxygène liquide. Les fines particules sont entrées en contact avec le kérosène qui s'est enflammé, détruisant la fusée et le satellite AMOS 6 logé sous la coiffe.

Au début du mois, SpaceX a reçu le feu vert de la FAA (Federal Aviation Administration), autorité habilitée à réglementer la sécurité du transport spatial non militaire, pour une reprise des lancements. Il se base sur le rapport de la commission d'enquête qui lui a été remis quelques jours plus tôt. Dans les prochains mois, SpaceX va avoir du pain sur la planche pour rattraper le retard accumulé et honorer les contrats signés avec ses clients. Certains d'entre eux, comme Inmarsat, ont préféré se tourner vers d'autres alternatives pour leurs satellites qui ne pouvaient attendre plus longtemps.

Cette mission est la première des sept commandées par l'opérateur américain Iridium. D'ici 2018, la fusée Falcon 9 devrait avoir lancé 70 satellites Iridium-Next par grappe de 10. Ils remplaceront la constellation existante datant du début des années 2000. Thales Alenia Space est le maître d'oeuvre du projet après avoir signé avec Iridium un contrat de 2,9 milliards $ pour la construction de 81 satellites. L'industriel français a choisi l'américain Orbital ATK pour l'intégration et les essais de chacun des engins. Les Iridium-Next assureront la continuité du service de téléphonie et de localisation (notamment pour les conteneurs et les bateaux). La nouvelle génération proposera également de nouvelles applications utiles pour le transport aérien.

Iridium-Next comptera 72 satellites (800 kg chacun), placés sur une orbite circulaire à 780 km d'altitude et répartis sur six plans orbitaux avec une inclinaison de 84,6°, de façon à pouvoir couvrir l'ensemble des zones habitée de la planète.

Sources

Sur le même sujet