La géologie de Mercure

01-01-2017 Philippe VOLVERT

Lorsque les planétologues découvrent la surface de la planète Mercure dans les années 70, ils ont une impression de déjà vu. Les clichés envoyés par la sonde Mariner 10 lors de ses trois survols ressemblent étrangement à notre voisine la Lune. Mercure est essentiellement recouverte de cratères de différentes tailles qui peuvent aller jusqu'à 1 300 km. A eux seuls, ils recouvrent près de 85 % de la superficie de la planète. En fonction de leur taille, leur forme peut varier. En dessous de 10 km, ils présentent un creux dont la profondeur peut atteindre 2 km. Entre 10 et 20 km de diamètre, ils sont relativement plats. A partir de 20 km, ils présentent un piton central qui est le résultat du soulèvement de la surface à l'endroit de l'impact. Plus le diamètre sera élevé et plus le piton central sera imposant et net. Au-delà de 150 km, le piton central s'élargit pour former une sorte d'anneaux. Au-dessus de 200 km, le cratère devient un bassin à l'instar du Bassin Caloris qui mesure 1 300 km de diamètre, soit près du tiers du diamètre de la planète. Le nombre important d'impacts d'origine météoritiques indique une géologie inactive depuis la formation de la planète.

Cratère Sor Juana
Cratère Sor Juana (94 km) photographié par Messenger - Photo NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington (Agrandir)

Les quinze pourcents restants ce sont essentiellement des plaines d'origine volcanique âgées entre 3,8 et 4,5 milliards d'années. Ici et là, on peut également observer des plissements de terrains. Ce phénomène serait la conséquence du refroidissement du noyau. Un vide se serait fait entre le manteau et le noyau. Le manteau se serait alors effondré donnant naissance aux plissements. La rétraction du noyau est estimée à environ 1,5 km.

Discovery Rupes
Escarpement baptisé Discovery (champ couvert 260 km) photographié par Messenger - Photo NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington (Agrandir)

La densité très élevée de Mercure (5,4) indique la présence d'un imposant noyau d'origine ferreuse et qui occuperait environ 80 % du rayon de la planète. Il est recouvert de roches riches silicates et d'une croûte de roches d'origine volcanique.

Sources

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