La sonde japonaise Akatsuki en orbite autour de Vénus

07-12-2015 Philippe VOLVERT

Cinq ans après son premier rendez-vous manqué, la sonde japonaise Akatsuki a réussi son insertion en orbite autour de la planète Vénus. Ses moteurs ont fonctionné correctement pendant les 20 minutes prévues permettant la capture de l'engin par la planète. Il faudra cependant attendre le 09 décembre pour avoir confirmation de la réussite de la manoeuvre.

En décembre 2010, le moteur principal d'Akat¬suki s'éteint au bout de trois minutes de fonctionnement contre les douze prévues. La sonde longe Vénus avant de prendre une route sur orbite héliocentrique. Après analyse de la situation, l'agence spatiale japonaise étudie un plan de secours pour récupérer la sonde et réaliser la mission. Le moteur, considéré comme inutilisable, est abandonné au profit de petits propulseurs à hydrazine destinés aux manoeuvres de correction orbitale. Pour compenser leur manque de puissance, la sonde est allégée par la vidange des réservoirs d'ergols. Une nouvelle trajectoire est planifiée l'amenant environ quinze millions de kilomètres plus près du Soleil qu'initialement prévu avec le risque de griller les fragiles circuits de la sonde. Les Japonais prennent le risque sachant qu'ils n'ont rien à perdre. Le nouveau rendez-vous est fixé au 07 décembre 2015, soit cinq ans plus tard qu'initialement prévu.

Maintenant qu'Akatsuki est bel et bien en orbite autour de Vénus, à quoi va-t-elle servir ? Faute de disposer de suffisamment d'ergols, la sonde spatiale ne pourra pas se placer sur l'orbite de 79 000 x 300 km comme prévu. Akatsuki circulera sur une orbite plus elliptique dont l'apogée pourrait culminer jusqu'à 400 000 km de distance. Toutefois les objectifs initiaux sont maintenus, tout au plus adaptés à l'orbite de travail. La sonde doit observer les caractéristiques atmosphériques de la planète, notamment les nuages, les couches profondes de l'atmosphère et les conditions en surface. Elle étudiera en détail la convection nuageuse, la distribution des mouvements ondulatoires et les changements qui affectent ces derniers ainsi que la structure de l'atmosphère vénusienne. Lorsqu'elle passera dans l'ombre de la planète, la sonde tentera d'observer les éclairs qui zèbrent le ciel de Vénus.

La mission, d'un coût évalué à 230 millions d'euros, doit durer au moins deux ans.

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