Fin de mission pour GRAIL

18-12-2012 Philippe VOLVERT

Les deux sondes du projet GRAIL se sont écrasées sur la Lune mettant un point final à une mission de cartographie qui s'est prolongée sur une année. Après leur lancement par une fusée Delta en septembre 2011, les deux engins identiques ont suivi une route complexe qui les a amenés en orbite lunaire à la Saint-Sylvestre. Ils se sont approchés du pôle Sud pour une insertion sur une orbite elliptique de 11 heures 30 qui a été suivie d'une série de manoeuvre permettant de circulariser l'orbite à 55 km d'altitude.

GRAIL, acronyme de Gravity Recovery and Interior Laboratory, était une mission initiée par l'agence spatiale américaine avec comme objectif de procéder à un relevé très détaillé du champ de gravité de la Lune pour en déterminer la structure interne. La phase d'observation était divisée en 3 cycles de 27 jours dont le premier a débuté le 07 mars dernier. Pour chaque cycle, l'altitude des engins était différente, tout comme la distance entre eux. Le 29 mai, la mission initiale s'achevait avec une cartographie réalisée à 99,99%. Les réserves d'ergols étant encore suffisantes, la NASA a décidé de prolonger la mission avec un impact contrôlé le 17 décembre.

Les deux engins, rebaptisés Flow et Ebb, se sont écrasés à la vitesse de 1,7 km/s sur une montagne haute d'environ 2,5 kilomètres située près du cratère Goldschmidt.

La mission a réservé plusieurs surprises aux scientifiques. Jusqu'ici, il était largement admis que l'épaisseur de la croûte lunaire devait être de 50 km environ. Or les données fournies par les engins remettent en cause cette vérité. Elle serait en moyenne épaisse de 34 à 43 km, voire 1 km comme c'est le cas dans la Mer des Crises. Quant à la densité des roches, elle est en adéquation avec qui avait été mesuré dans les échantillons ramenés par les missions Apollo. Les données indiquent également que le bombardement météoritique qui a conduit à la formation des planètes et lunes du système solaire a été plus important que ce que l'on pensait jusqu'à présent. Le champ gravitationnel de la Lune a préservé la trace des impacts qu'elle a subis et montre qu'il été plus intense et long que prévu. Les sondes ont également permis de découvrir de nouvelles formations géologiques, les dykes. Il s'agit de structures longues de plusieurs centaines de kilomètres et étroites constitués de magma solidifié.

Il faudra encore plusieurs années pour analyser complètement les données recueillies par la mission mais les scientifiques sont unanimes pour dire que GRAIL aura permis une remise en question sur notre proche voisine.

Sources

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