Eclipse de Lune observée à travers l'Europe

04-03-2007 Véronique CHEVALIER

Après un peu plus de deux ans, les observateurs européens (entre autres) ont pu voir la Lune se fondre dans l'obscurité de la nuit du 03 au 04 mars en une éclipse totale.

Le phénomène ne s'était plus produit depuis le 28 octobre 2004. Et même s'il reste plus rare que les éclipses partielles, il n'est pas exceptionnel, celui d'hier marquant d'ailleurs le début d'une série de trois éclipses totales en moins d'un an. Les prochaines auront lieu le 28 Septembre 2007 et le 21 février 2008. Toutefois, l'éclipse du mois d'août ne sera pas visible depuis l'Europe ; les amateurs du continent n'ont donc pas manqué le spectacle d'hier, qu'ils ont partagé avec ceux d'Afrique, d'une partie de l'Asie et de l'Amérique du Nord et du Sud. A l'oeil nu ou armés de jumelles ou d'un télescope, ces amateurs ont scruté le ciel pour percevoir les diverses phases de l'éclipse totale.

Celle-ci n'est possible que par une nuit de pleine Lune car une éclipse est totale lorsque la Lune, la Terre et le Soleil sont parfaitement alignés. Pour parvenir à cet alignement absolu, notre satellite a d'abord dû traverser plusieurs zones. La première qu'elle a franchie est la zone de pénombre terrestre ; le disque lunaire a alors commencé à s'assombrir mais bien trop subtilement pour que les observateurs puissent saisir le changement. Ensuite, la Lune s'est engagée dans le cône d'ombre terrestre pour devenir plus clairement sombre. A ce moment-là, les observateurs munis d'un instrument optique ont eu l'avantage de détecter directement la nouvelle couleur du satellite contrairement aux autres qui ont dû patienter deux à trois minutes. Après quelques longs instants, la totalité de la Lune est enfin entrée dans la zone d'ombre, débutant ainsi la phase de totalité. L'éclipse a atteint son apogée vers 00h20. Tandis que le disque lunaire se trouvait exactement dans l'axe Terre-Soleil et qu'il était donc coupé de la lumière directe du Soleil par la Terre, il s'est encore considérablement assombri mais sans disparaître, arborant au contraire une robe rouge orangée. Ce phénomène aussi ravissant que surprenant est dû à un effet de réfraction des rayons solaires par l'atmosphère terrestre ; la lumière du Soleil qui a pénétré l'atmosphère « contourne » la Terre pour aller éclairer la Lune. Et, comme lors d'un coucher de Soleil, la lumière déviée devient rouge, colorant de la même manière notre satellite. Le disque lunaire a ensuite continué son chemin, lentement, retraversant les diverses étapes de l'éclipse mais en en sens inverse. Progressivement, il est sorti de la phase de totalité, de l'ombre et de la pénombre, retrouvant sa couleur habituelle. L'axe parfait Lune-Terre-Soleil était alors définitivement rompu.

Cet alignement absolu où la Terre bloque totalement la source lumineuse, le Soleil, éclairant la Lune ne constitue pas la majorité des éclipses. En effet, la plupart des éclipses se produisant sur une année (de 4 à 7, éclipses lunaires et solaires confondues) sont partielles. Dans ce cas, soit l'objet éclipsant, notre planète, n'arrête pas tous les rayons lumineux du Soleil et donc une partie de ceux-ci atteignent la Lune, soit notre satellite ne passe qu'en partie dans le cône d'ombre terrestre.

Il existe encore un troisième type d'éclipse, celle dite « annulaire », lorsque l'objet éclipsant est trop petit pour obstruer complètement la source de lumière. On remarque alors qu'un anneau lumineux se forme autour du corps éclipsé. C'est une situation fréquente pour les éclipses solaires, lesquelles ont lieu quand la Lune se trouve entre le Soleil et la Terre en un alignement parfait. Bien que vu de la Terre la Lune et le Soleil semblent avoir la même taille, il peut subsister une infime différence de diamètre, quand la Lune est trop proche de la Terre, qui laisse apparaître un mince anneau du Soleil. Mais comme pour les éclipses lunaires, le Soleil peut aussi connaître des éclipses totales, la Lune masque alors parfaitement le disque solaire, on ne distingue plus un anneau mais l'atmosphère, plus diffuse, du Soleil. Enfin, on peut également voir des éclipses partielles de Soleil lorsque la Lune est trop haute ou trop basse pour recouvrir pleinement la surface visible du disque solaire.

Sources

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