VEGA est repartie du bon pied

03-09-2020 Philippe VOLVERT

VEGA a réussi sa mission en plaçant sur orbite les 53 satellites qu'elle transportait. La fusée européenne a pris son envol du Centre Spatial Guyanais la nuit dernière à 01 heures 51 TU. La mission VV16 met fin à une année chaotique pour le plus petit des lanceurs commercialisés par Arianespace.

En juillet 2019, la mission VV15 s'achevait au bout de deux minutes de vol, entraînant la perte du satellite émirati FalconEye 1. L'accident, provoqué par un défaut structurel du deuxième étage, avait cloué la fusée au sol pour plusieurs mois.

Prévu pour fin mars, le retour en vol de VEGA a été retardé de trois mois suite à la pandémie de Covid-19. Les mesures imposées par le gouvernement français pour contrer le virus ont forcé le CSG à interrompre toutes ses activités, les limitant au strict minimum. Ainsi, toutes les campagnes de lancement ont été suspendues du 16 mars au 11 mai.

A la réouverture du centre spatial, les préparatifs pour la mission VV16 ont repris bon train avec pour objectif de lancer dans la nuit du 18 au 19 juin. Malheureusement, c'était au tour de la météo de faire un excès de zèle. La persistance de vents d'altitude au-dessus de la Guyane a contraint Arianespace à reporter le lancement à plusieurs reprises. Aucune amélioration de la météo n'étant attendue à court terme, la société européenne avait décidé de repousser le vol VV16 de plusieurs semaines, donnant priorité à la mission VA253 d'Ariane. Le temps imparti a été mis à profit pour recharger les batteries du lanceur et des satellites afin d'être parés à la prochaine fenêtre de tir.

Après un ultime report de 24 heures, la mission VV16 a pu enfin décoller à l'heure, qualifiant par la même occasion un service de lancement pour les petits satellites. Arianespace élargit ainsi sa gamme d'offres en proposant un accès direct à l'orbite terrestre adapté au satellite à lancer.

Small Spacecraft Mission Service

SSMS (Small Spacecraft Mission Service) est une nouvelle offre de service proposée par Arianespace. Elle doit répondre à la demande croissante en système de lancement pour les petits satellites. Selon les prévisions actuelles, ce ne sont pas moins de 200 à 300 nanosatellites qui seront à lancer par an au cours de la prochaine décennie. L'offre repose sur un format « rideshare », où le coût d'un lancement est partagé entre tous les clients et où chacun d'eux accède au même niveau de qualité et de fiabilité. Dans la gamme des lanceurs exploités par Arianespace, VEGA est celui qui est le mieux adapté à ce genre de missions.

Le programme SSMS est lancé en 2016 sous l'initiative de l'Agence Spatiale Européenne, avec une contribution de la Commission Européenne. Le développement du dispenseur a été placé sous la responsabilité de l'italien Avio mais c'est la société tchèque, SAB Aerospace qui s'est chargé de sa construction. L'intégration des satellites sur la plate-forme est réalisée en Europe par SAB-Launch Services, filiale de SAB Aerospace. L'architecture du SSMS repose sur une configuration modulaire, adaptée au besoin de la mission.

Pour la mission VV16, c'est la configuration Flexi-3 qui a été choisie pour transporter les 53 satellites à envoyer sur orbite. La partie supérieure était réservée aux sept microsatellites dont la masse variait entre 44 et 150 kg. Parmi les microsatellites se trouvait ION Satellite Carrier de la société D-Orbit. Il s'agit d'un satellite conçu comme une plate-forme de transport pour des nanosatellites à déployer individuellement sur des créneaux orbitaux précis. Dans le cas présent, il contenait 12 satellites pour le compte de Planet Labs. La partie inférieure du dispenseur, constituée d'un module hexagonal, hébergeait les dispositifs de déploiement des 46 nanosatellites.

Sur le même sujet