Une Zenit à la mer

01-02-2013 Philippe VOLVERT

La 35ème mission commerciale de la compagnie Sea-Launch avait plutôt bien commencé. Après un compte à rebours sans le moindre retard, la fusée Zenit 3SLB avait décollé à 07 heures 56 TU de sa plate-forme de lancement ancrée dans l'Océan Pacifique. Moins d'une minute plus tard, la vidéotransmission, de piètre qualité, était interrompue sans raison apparente. Ce n'est que dans la demi-heure après que les premières informations filtraient. L'agence de presse russe RIA Novosti rapportait que la fusée serait retombée dans l'océan environ 50 secondes après le décollage. Information confirmée officiellement plus tard par Sea-Launch qui annonçait l'échec du lancement avec la perte de la télémétrie au bout de 40 secondes de vol.

Sous la coiffe du lanceur se trouvait le satellite Intelsat 27 de la compagnie internationale de télécommunications Intelsat. Construit par Boeing, il était équipé de 20 répéteurs en bande C et autant en bande Ku lui conférant une masse au décollage de 6 215 kg. Il devait rejoindre la position 304,5° Est d'où il aurait du assurer des services de télécommunications pour l'Amérique et l'Europe pendant au moins 15 ans. Sa perte ne devrait pas entraîner d'interruption des services puisqu'ils sont actuellement assurés par les satellites Galaxy 11 et Intelsat 805. Par ailleurs, on apprenait que le satellite était assuré pour un montant de 400 millions de dollars.

Cet échec intervient tout juste 6 ans après la spectaculaire explosion du lanceur sur sa plate-forme au moment du décollage. L'accident avait endommagé les installations, provoquant un arrêt des lancements pendant un an. S'en est suivi une crise financière à laquelle Sea-Launch ne faillit ne jamais se relever. Ce n'est que grâce à l'intervention de la société russe Energia que la compagnie a pu éviter la faillite. Depuis septembre 2011, Sea-Launch avait retrouvé un rythme de croisière qui s'est interrompu ce vendredi matin.

La compagnie a mis en place une commission d'enquête chargée d'élucider les causes de l'accident et proposer des mesures pour corriger le problème. Ce que l'on sait quelques heures après l'échec, c'est que le lanceur n'aurait pas pris la bonne trajectoire. Par mesure de sécurité, le moteur RD-171 quadri-tuyère aurait reçu l'ordre d'extinction 25 secondes après le décollage avant un impact avec l'océan quelques secondes plus tard. En attendant les conclusions, tous les lancements sont reportés à une date indéterminée à l'heure actuelle.

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