Une mission aux multiples applications

20-11-2010 Philippe VOLVERT

Le troisième vol de la fusée Minotaur s'est achevé avec la mise sur orbite de ses sept passagers après son décollage depuis le complexe de lancement de Kodiak situé dans l'Alaska. La fusée s'est élancée du pas de tir numéro 1 à 01 heure 25 TU. Seize minutes plus tard, elle débutait une longue phase de 15 minutes durant laquelle, elle a largué son passager primaire sur une orbite de 641 x 652 km inclinée de 72° et ses passagers secondaires sur une orbite circulaire de 1 200 km avec la même inclinaison.

Le passager primaire est STPSat 2. Il a été conçu par un consortium constitué Ball Aerospace (plate-forme Astro 200) et AeroAstro (l'équipement expérimental) pour le compte de l'US Air Force dans le cadre du programme Space Test Program qui consiste à tester différentes technologies. STPSat 2 emporte deux modules expérimentaux. Le premier, SPEX (Space Phenomenology Experiment), comprends deux charges utiles afin d'évaluer la compatibilité des capteurs dans un environnement spatial. Le second, ODTML (Ocean Data Telemetry MicroSatLink), devra fournir deux moyens de relayer les données depuis n'importe quel point sur Terre (mer ou continent) vers un utilisateur (autonome ou internet). Sa durée de vie est d'un an.

Quelques minutes plus tard, c'est au tour des passagers secondaires d'être injectés sur orbite. Le premier est le nanosatellite RAX (Radio Aurora Explorer) de 3 kg conçu par l'Université du Michigan. Il doit prendre des mesures dans l'ionosphère terrestre. Il a été suivi par O/OREOS. O/OREOS (Organics and/or Organisms Exposure to Orbital Stresses) est un nanosatellite de 5 kg développé dans les laboratoires de l'Université de Stanford pour le compte de la Nasa. Il a comme objectif d'étudier les effets de l'exposition au vide spatial sur des organismes vivants. Vient ensuite FASTSAT-HSV (Fast Affordable Science and Technology Satellite - Huntsville). Il a été construit par l'Université du Texas. Il pèse 140 kg et emporte six petites charges utiles incluant trois expériences de démonstration technologiques ainsi que trois instruments de recherche atmosphérique. Le balai continue avec la séparation de FalconSat 5, satellite développé par l'U.S. Air Force Academy pour son propre compte. Il s'agit d'un satellite expérimental de 1 kg équipé de 4 expériences, à savoir ; Ion Source, WISPERS, SmartMESA et RUSS. Sa mission consiste à prendre des mesures météorologiques spatiales avec des capteurs à bord en collaboration avec des terrestres. Sa durée de vie est de 3 ans. Il se termine par la séparation de la mission FASTRAC. FASTRAC 1 et 2 (Formation Autonomy Spacecraft with Thrust, Relnav, Attitude and Crosslink ) ont été construits par l'Université du Texas. Chacun pèse 15 kg. L'objectif est de tester les technologies disponibles pour un vol en formation.

A noter également la présence de Nanosail D2 qui était logé dans FASTSAT-HSV. Il a été développé au centre de recherches Ames de la Nasa. Il pèse 4 kg et sa durée de vie est estimée à plusieurs mois. Semaine au cours de laquelle, il déploiera une voile de 10 m² et devra en prouver l'efficacité dans le mode de propulsion. Un premier projet de ce type avait été perdu lors de l'échec de la fusée Falcon en 2008.

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