Un Sentinel pour observer la Terre

04-04-2014 Philippe VOLVERT

Le programme Copernicus devient une réalité après le lancement réussi de Sentinel 1A, premier élément le composant. Il a été lancé par une fusée Soyuz 2.1a/Fregat qui a pris son envol ce jeudi depuis le Centre Spatial Guyanais. Le décollage est intervenu à 21 heures 02 et 26 secondes en temps universel pour un vol de 23 minutes qui s'est achevé avec l'injection sur une orbite parfaite du satellite.

Sentinel 1A a été construit par Thales Alenia Space pour le compte de l'Agence Spatiale Européenne. Il utilise une plate-forme Prima sur laquelle a été monté un radar à ouverture synthétique en bande C lui conférant une masse de 2 157 kg au décollage. Idéalement placé sur une orbite héliosynchrone à 623 km d'altitude pour une inclinaison de 98,2°, le satellite devrait pouvoir couvrir l'ensemble du globe en fournissant des images radar avec une résolution variant de 5 à 25 mètres. Il est le digne successeur d'Envisat perdu inopinément en avril 2012, après 10 ans de service. Sa durée de vie optimale est de 7 ans mais sera très certainement prolongée au-delà. L'an prochain, il sera rejoint par son jumeau qui assurera une complémentarité des données récoltées.

Connu jusqu'à tout récemment sous les initiales GMES, Copernicus est le nouveau nom donné au programme européen d'observation de la Terre initié conjointement par l'ESA et la Commission Européenne. Doté d'une enveloppe de 4,3 milliards EUR jusqu'en 2020, il doit permettre à l'Europe d'avoir un accès continu et indépendant aux informations permettant de contrôler l'état du réchauffement climatique et de protéger la sécurité publique, notamment lors de la gestion des catastrophes naturelles. Le programme prévoit cinq familles de satellites Sentinel qui auront chacune un objectif bien distinct. Les Sentinel 2 observeront la végétation, les surfaces marines et les continents à partir de la fin de l'année. Les Sentinel 3 seront plutôt orientés vers la cartographie océanique en mesurant la hauteur des vagues, la température des eaux. Les Sentinel 4 ne sont pas des satellites à proprement parlé mais des équipements embarqués sur les satellites Meteosat Troisième Génération qui prendront le chemin de l'espace à partir de 2020. Ils seront spécialisés dans l'analyse des composants de notre atmosphère. Leurs données seront complétées par celles prises par les Sentinel 5, charge utile montée sur les plates-formes polaires METOP Second Generation.

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