Un oeil de lynx dans l'espace

13-08-2014 Philippe VOLVERT

Digital Globe dispose désormais du nec plus ultra en matière de satellites d'imagerie terrestre après le lancement réussi de Worldview 3. Il a été lancé par une fusée Atlas V qui a pris son envol depuis la base de Vandenberg en Californie ce mercredi à 18 heures 30 TU. Vingt minutes plus tard, il été injecté sur une orbite héliosynchrone et circulaire culminant à 617 km d'altitude.

Woldview 3 est un satellite construit par Ball Aerospace & Technologies Corporation pour le compte de Digital Globe. Il utilise une plate-forme BCP 5000 équipée d'un télescope d'une ouverture de 110 cm lui conférant une masse au décollage de 2 800 kg. Il est le premier satellite commercial du genre conçu pour une mission à triple objectifs. Avec son capteur CAVIS (Cloud, Aerosol, Water Vapor, Ice, Snow), il effectuera des observations précises de l'atmosphère en offrant des images d'une résolution de 30 m. Son capteur VNIR (Shortwave Infrared) cartographiera les sous-sols, la glace et la neige en surface avec une résolution de 3,7 m. Mais c'est dans le domaine de l'imagerie haute définition que le satellite est très attendu. Dans le spectre allant de l'infrarouge à la lumière visible, il pourra collecter des images à 1,24 m de résolution jusqu'à 31 cm dans le domaine panchromatique. Il bat ainsi le record des performances détenues jusqu'ici par Geoeye 1 lancé en septembre 2008 et dont la résolution maximale est de 41 cm. Chaque jour, il couvrira une superficie de 680 000 km², soit 22 fois la Belgique. A cette fréquence, il faudrait un peu plus de 2 ans à Worldview 3 pour dresser une carte complète de notre planète.

Digital Globe envisage sereinement la commercialisation des images produites par Worldview 3 après que le Department of Commerce ait levé récemment les restrictions de résolution pour les satellites d'imagerie commerciaux passant ainsi de 50cm à 25cm. Les produits finis seront disponibles au grand public contre payement. A titre d'exemple, une nouvelle image sera facturée à 23$/km² pour des images couleurs et 20$/km² pour celles en noir et blanc en sachant que la commande doit atteindre un minimum de 1800$ et que l'image doit couvrir une surface de 64 km² minimum. A moins d'avoir un gros portefeuille, il sera toujours loisible d'admirer ces images en qualité réduite sur Google Earth qui en a acheté les droits d'exploitation.

Sources

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