ULA lorgne sur le marché commercial

15-03-2018 Philippe VOLVERT

United Launch Alliance envisage d'accroître ses activités dans le marché des satellites commerciaux en utilisant dans un premier temps Atlas V puis plus tard le lanceur Vulcan, tout en reconnaissant que le gouvernement américain resterait son principal client.

L'annonce a été faite par Tory Bruno, le patron de ULA lors du rendez-vous annuel de l'industrie des satellites qui se tient actuellement dans la capitale américaine. Si la compagnie lorgne sur le marché des lancements commerciaux c'est en raison du nombre moins important de missions dédiées à la sécurité nationale qui sont prévues à l'avenir.

Depuis sa création en 2006, ULA a vendu la majeure partie de ses lancements au gouvernement américain et principalement au Département de la Défense. Aujourd'hui, elle est en mesure de s'ouvrir sur le marché commercial. Dans l'optique de ce changement, ULA annonçait en janvier dernier qu'elle assurait désormais la promotion et la vente des services de lancement de la fusée Atlas V à la place de Lockheed Martin Commercial Launch Services.

Si la majorité des activités d'ULA sera encore dévolue à la sécurité nationale et aux missions scientifiques de la Nasa, Tory Bruno s'attend à ce que 20 à 30 % des lancements soient commerciaux. ULA est à même de proposer une Atlas V personnalisée aux exigences du client en se basant sur la taille de la coiffe et le nombre de propulseurs d'appoint. Une fusée construite à la carte n'est pas une idée neuve puisqu'elle avait été utilisée dans les années 90 par Arianespace avec Ariane 4, ce qui lui avait permis de faire baisser les coûts de production.

ULA s'occupera également de la commercialisation de la fusée Vulcan en cours de développement. Son premier vol est attendu pour le milieu de l'année 2020 mais aucun contrat n'a encore été signé jusqu'à présent. La société est en pourparlers avec plusieurs clients qui se sont montrés très intéressés. Selon les déclarations de Tory Bruno, il n'est pas prévu d'effectuer des vols d'essai de la nouvelle fusée. Elle embarquera directement des satellites payants jusqu'à ce qu'elle soit certifiée pour emporter des charges utiles gouvernementales.

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