Tôlé autour du lancement nord-coréen

13-04-2012 Philippe VOLVERT

La troisième tentative n'aura pas été la bonne pour la Corée du Nord. La fusée Unha 3 avait décollé à 22 heures 38 minutes et 55 secondes depuis le Sohae Satellite Launching Station. La fusée aurait ensuite parcouru 120 km environ avant de se désintégrer en plusieurs morceaux avant de retomber en Mer Jaune. Officiellement, ce lancement était très attendu par le Gouvernement Nord Coréen qui devait permettre de commémorer les 100 ans de la naissance du dirigeant fondateur de la Corée du Nord Kim Il-Sung. Un tapage médiatique dont on n'a pas l'habitude pour l'un des pays les plus fermés au monde devait crédibiliser la thèse d'une mise sur orbite. La fenêtre de tir, la trajectoire empruntée avaient été rendues publiques et la presse étrangère avait été invitée à visiter les installations de lancement. Washington, Tokyo et Séoul ne sont pas dupes. Pour eux, ce lancement est une nouvelle fois un tir déguisé d'un missile à longue portée qui doit au régime communiste de progresser sur la voie de la maîtrise d'armes nucléaires. Le Japon, ayant été menacé à plusieurs reprises par des fusées à longue portée, avait sorti les batteries de missiles et était prêt à détruire Unha 3 si elle représentait un danger. Quatre heures après la perte d'Unha 3, l'agence de presse officielle annonçait dans un communiqué que « le satellite d'observation terrestre n'a pas réussi à entrer en orbite » et que «les scientifiques, les techniciens et les experts sont en train d'étudier les raisons de cet échec. »

Que savons-nous à l'heure actuelle de ce lancement. La fusée est une Unha 3, une version améliorée de Unha 2 par le remplacement de son ergol, lui permettant d'augmenter son impulsion spécifique et donc se puissance. A bord se trouvait le satellite baptisé Kwangmyongsong-3. Il devait rejoindre une orbite polaire. Des militaires américains qui suivaient le lancement ont détecté un éclat plus important à la 81ème seconde et à aucun moment le lancement n'a représenté une menace pour un pays voisins.

Toujours est-il que les conséquences de ce tir ne se feront pas attendre. Dès ce vendredi, le conseil de Sécurité des Nations Unies se réunira en urgence pour discuter du tir. En effet, la Corée du Nord s'était engagée fin mars 2012 à respecter la résolution 1874 de 2009 qui lui interdit de procéder à des essais nucléaires ou balistiques. Ce lancement est donc une violation des résolutions du Conseil de sécurité et ne devrait pas rester sans suite.

Sources

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