Super Strypi échoue lors de son vol inaugural

04-11-2015 Philippe VOLVERT

Reporté à de nombreuses reprises, le nouveau lanceur américain n'aura pas fait long feu. Environ une minute après son décollage, Super Strypi explose, détruisant les satellites qu'il transportait.

Super Strypi avait pris son envol à 03 heures 45 TU depuis le Pacific Missile Range Facility basé sur l'île d'Hawaï. Pour son vol inaugural, elle était chargée de placer sur une orbite héliosynchrone culminant à 400 km d'altitude treize satellites dans le cadre de la mission ORS-4. Le passager principal était le satellite Hiakasat (55 kg) de l'Université d'Hawaï. Il était accompagné de 12 CubeSat d'origine universitaire, commercial et de la Nasa. La cause exacte de l'échec n'est pas encore connue mais l'enquête pourrait rapidement s'orienter vers un problème avec le premier étage puisque l'accident est intervenu pendant qu'il était en fonction.

Super Strypi est le fruit d'une collaboration entre l'Université d'Hawaï, le laboratoire Sandia et Aerojet sous la responsabilité de l'US Air Force pour développer un lanceur léger capable de transporter une charge de 275 kg sur orbite héliosynchrone ou 400 kg sur orbite basse. Il dérive de la fusée sonde Strypi utilisée depuis les années 60 pour lancer des charges utiles scientifiques dans le cadre de vols suborbitaux et tester des armes nucléaires, ce qui permet de réduire au maximum les coûts d'exploitation. Il utilise les mêmes techniques de vol, à savoir un départ depuis un rail de lancement orientable. Avec ses 28,12 tonnes au décollage, il est le lanceur le plus lourd à utiliser cette technique d'envol. Tout le long de son vol, sa stabilité est assurée par une rotation continue à raison de 2,5 tours par seconde.

Super Strypi est un lanceur de 20,4 m de long pour 1,32 m de diamètre constitué de trois étages à propergols solides. Le premier étage (LEO-46) mesure à lui seul 12,2 m de long. Il développe une poussée de 711 kN durant 73 secondes. Il utilise les mêmes technologies que les boosters de la fusée Atlas V. Il est relayé par le deuxième étage (LEO-7) basé sur le moteur Orbus-7S. Il fonctionne pendant 57 secondes, fournissant 161 kN de poussée. Le troisième étage (LEO-1) est un moteur Orbus-1S développé par la société Sandia pour des projets antérieurs et adapté pour répondre aux besoins du lanceur. Il fournit une poussée de 30,4 kN durant 39 secondes. Il est enfermé avec la charge utile dans une coiffe de 1,32 m de diamètre.

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