Succès complet pour la Corée du Sud

30-01-2013 Philippe VOLVERT

Après deux tentatives qui se sont soldées par un échec en 2009 et 2010, la fusée KSLV 1 réussit la mise sur orbite du satellite STSAT 2C, propulsant la Corée du Sud au rang des puissances spatiales.

Le décollage est intervenu ce mercredi à 07 heures TU depuis le centre spatial de Naro à 485 km au sud de Séoul. Quelques secondes plus tard, le lanceur réalisait une manoeuvre permettant de s'aligner avec précision sur la trajectoire ascensionnelle afin d'atteindre une orbite de 300 x 1 500 km avec une inclinaison de 80°. Propulsé par un moteur RD-151, le premier étage a fonctionné 3 minutes et 48 secondes. S'en est suivi une phase balistique de 2 minutes et 43 secondes avant que le second étage ne prenne la relève. Neuf minutes après le décollage, le satellite était séparé sur l'orbite visée.

Si la Corée du Sud est devenue une puissance spatiale, elle ne l'est pas encore totalement. En effet, son lanceur KSLV-1 est en partie russe. Suite à un accord signé entre les deux pays en 2004, la Russie s'engageait à fournir 3 exemplaires de l'étage URM. Cet accord arrangeait bien des choses tant pour l'un que pour l'autre. Pour le premier, il permettait d'avoir accès à l'orbite terrestre sans devoir développer tout un lanceur complet. Pour le second, il permettait de valider le concept de l'étage et le tester en condition réelle avant un premier vol programmé d'ici la fin de l'année. L'étage URM doit équiper le lanceur russe Angara au stade final de développement. Il est propulsé par un moteur RD-151 fonctionnant avec un mélange d'oxygène liquide et de kérosène. Quand à l'étage supérieur, il est propulsé par un moteur à poudre développé par les coréens.

Le succès sud coréen intervient moins de deux mois après celui de la Corée du Nord. Initialement programmé pour le 26 octobre dernier, le lancement avait du être reporté de plusieurs semaines afin de procéder à des vérifications complémentaires. Entretemps, le voisin du nord réussissait le lancement du satellite Kwangmyongsong 3B avec son lanceur Unha 3.

Le satellite qui a été placé sur orbite s'appelle STSAT 2C. Il s'agit d'un engin d'une centaine de kilos équipé d'un réflecteur permettant de mesurer avec précision l'orbite réelle sur laquelle il circule et de plusieurs instruments scientifiques pour l'étude de l'environnement spatial. Sa durée de vie est d'un an environ.

L'aventure sud coréenne ne s'arrête pas sur ce succès. Le pays souhaite acquérir son entière indépendance en matière de transport spatial. Pour se faire, il ambitionne de développer un moteur de 75 tonnes de poussée disponible dès 2018 puis d'un de 300 tonnes de poussée à l'horizon 2020.

Sources

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