Spektr-RG - Cap sur l'exploration de l'Univers X

13-07-2019 Philippe VOLVERT

C'est bien parti pour Spektr-RG. L'observatoire spatial russe a été lancé ce début d'après-midi du cosmodrome de Baïkonour par une fusée Proton.

Plus tard dans la journée, l'agence spatiale russe Roscosmos a confirmé la bonne séparation du satellite sur l'orbite visée. Tous les systèmes à bord de Spektr-RG semblent fonctionner de façon optimale et les panneaux solaires ont été déployés correctement.

La mission de Spektr-RG

Désormais dans l'espace, Spektr-RG va mettre trois mois pour rejoindre son orbite de travail. Il circulera autour du point de Lagrange L2 situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre à l'opposé du Soleil par rapport à notre planète. Durant ce laps de temps, les instruments embarqués sur le télescope seront vérifiés et étalonnés.

La moisson scientifique de Spektr-RG démarrera réellement à partir d'octobre, une fois qu'il sera à poste. Sa mission primaire devrait durer quatre ans. Quatre ans au cours desquels, les instruments du télescope spatial scruteront l'ensemble du ciel à huit reprises pour détecter les émissions de rayons X provenant de l'Univers. L'objectif est de partir à la rechercher d'amas de galaxies éloignés qui aideront les scientifiques à percer les mystères de l'énergie noire, la force invisible qui provoque l'expansion de l'Univers à des vitesses plus élevées.

Une fois la mission primaire achevée, Spektr-RG passera à la seconde phase de sa mission qui consistera à observer durant trois ans une sélection d'amas de galaxies et de galaxies actives remarquables.

Une collaboration russo-allemande

Spektr-RG est une mission internationale menée conjointement entre l'Institut de recherche spatiale russe et le Max-Planck-Institute for extraterrestrial Physics allemand. Initié dans les années 90, le projet a bien failli ne jamais voir le jour en raison des difficultés budgétaires auxquelles la Russie a du faire face. Ce n'est qu'après une longue période de doute que le projet finit par se concrétiser.

L'engin spatial de 2,7 tonnes au décollage emporte deux télescopes à rayons X : eROSITA et ART-XC. De fabrication allemande, eROSITA est un télescope à grand champ constitué de 7 miroirs distincts offrant une focale de 2,6 mètres. Il observera plus de 3 millions de trous noirs actifs au centre des galaxies et environ 100 000 amas de galaxies dans l'univers distant. ART-XC a été construit par les Russes avec une participation du Marshall Space Flight Center de la Nasa. Plus sensible aux rayons X de haute énergie qu'eROSITA, ART-XC complètera les données recueillies par ce dernier.

Sources

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