Retour en vol pour Proton

30-09-2013 Philippe VOLVERT

Trois mois après son échec spectaculaire, la fusée Proton a repris du service avec succès. Elle a pris son envol depuis le pas de tir 200/39 au cosmodrome de Baïkonour à 21 heures 38 TU. Elle était chargée de placer sur orbite de transfert géostationnaire le satellite luxembourgeois de télévision Astra 2E. Après un vol nominal, le centre de contrôle recevait la confirmation de la bonne séparation ce matin à 06 heures 50 TU. Le satellite se trouve désormais sur une orbite de 4 202 x 35 736 km inclinée de 23°. Dans les prochaines heures, il devrait déployer ses panneaux solaires avant d'entamer les opérations de mises à poste.

Astra 2E va rejoindre la flotte des satellites de la société SES Global sur la position 28,2°E d'où il pourra couvrir l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient en service de télévision. Pour se faire, il est équipé de 60 répéteurs fonctionnant en bande Ku et 3 en bande Ka, montés sur une plate-forme Eurostar E-3000 d'Astrium lui conférant une masse au décollage de 6,02 tonnes. Il devrait fonctionner pendant au moins 15 ans.

Ce succès intervient quelques heures après un autre succès, celui du vol inaugural de la fusée Falcon 9 V1.1 de SpaceX. Elle a décollé ce dimanche à 16 heures TU depuis la base de Vandenberg en Californie. Et pour son premier vol, elle devait placer sur orbite son premier passager commercial, le satellite canadien Cassiope (500 kg). L'enjeu était très important pour SpaceX puisqu'elle compte sur cette version boostée de Falcon 9 pour s'imposer sur le marché commercial en offrant un prix de lancement défiant toute concurrence. C'est chose faite 15 minutes plus tard avec la mise sur orbite réussie des passagers embarqués. Falcon 9 V1.1 diffère de son aînée par l'allongement des deux étages, offrant un vol propulsé plus long. L'agencement des 9 moteurs Merlin 1D du premier étage a été repensé puisque désormais ils sont montés en couronne sur la baie de propulsion.

Cassiope est un satellite multifonctionnel développé par MDA en collaboration avec Magellan Aerospace pour le compte de l'agence spatiale canadienne. Il emporte une série de 8 instruments scientifiques chargés étudier l'ionosphère de la Terre ainsi qu'une charge utile expérimentale de transfert asynchrone de fichiers de très grande taille qui devrait être déployé par la suite sur des satellites commerciaux. Il n'était pas le seul passager de cette Falcon 9 puisqu'il était accompagné d'une charge utile secondaire constituée de 5 petits satellites expérimentaux américains. Il s'agit de CUSat 1, CUSat 2, DANDE, POPACS 2 et POPACS 3. Leur masse varie entre 1 et 50 kg.

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