Proton s'écrase au sol après quelques secondes de vol

02-07-2013 Philippe VOLVERT

Tout avait plutôt bien commencé ce matin au cosmodrome de Baïkonour. La 388ème fusée Proton s'élance du pas de tir 81/34 à 02 heures 38 TU. Elle doit placer sur orbite un nouveau trio de satellites de géolocalisation mais surtout faire oublier l'échec de décembre 2010 qui avait conduit à la perte d'un précédent trio Glonass en raison d'une surcharge d'ergols de l'étage supérieur de la fusée. Cette fois, la faute n'est pas permise d'autant plus que le précédent échec de Proton ne remonte qu'à quelques mois. Mais rapidement, la fusée part dans un tangage et roulis poussé. La perte de contrôle est totale et la fusée se casse en plusieurs morceaux avant de s'écraser lamentablement non loin des installations de lancement. On ne déplore aucun blessé ni dégât selon l'agence spatiale russe Roskosmos.

Il reste désormais à déterminer les causes de ce spectaculaire échec, un de plus pour la fusée russe. Est-ce un problème de propulsion ou un problème informatique ? Seule l'enquête permettra de le déterminer. En attendant, tous les lancements sont suspendus voire même interdits. Depuis la dislocation de l'URSS, le mythique cosmodrome se trouve en terre étrangère. Et le Kazakhstan fait tout ce qui est en son pouvoir pour diminuer l'impact écologique de certains lancements. Ainsi, certaines trajectoires sont interdites et le nombre de lancements Proton limité. Après un échec similaire en 1999, le pays avait interdit tout lancement Proton après que le lanceur se soit écrasé et ait éparpillé ses ergols particulièrement toxiques dans la plaine kazakhe et causé un incendie de grande ampleur. En 2007, une nouvelle interdiction avait été imposée mais rapidement levée. Qu'en sera-t-il cette fois ? On ne peut reprocher aux autorités de veiller à ce que la pollution reste limitée surtout en présence d'une fusée qui manque de fiabilité et qui fonctionne avec un mélange d'UDMH et N2O4 très corrosifs. Après l'échec, une partie du cosmodrome a été évacué en raison de la présence d'un nuage toxique qui s'est dissout sous la pluie.

En plus d'une pollution certaine à endiguer, l'échec coûtera cher à la Russie puisqu'elle doit déplorer la perte de trois satellites Glonass de géolocalisation dont le coût avoisine 200 millions de dollars.

Sur le même sujet