Proton, la série noire continue

16-05-2015 Philippe VOLVERT

Après la perte d'un ravitailleur Progress il y a quelques jours, les Russes n'avaient pas droit à l'erreur. C'est donc avec une certaine appréhension qu'était attendu le lancement de la fusée Proton transportant le satellite mexicain de télécommunications MexSat 1. Appréhension d'autant plus compréhensible que Proton se fait remarquer par des échecs répétés ces dernières années.

Il était 05 heures 47 TU au cosmodrome de Baïkonour dans le Kazakhstan lorsque les 700 tonnes de la fusée Proton s'arrachent du pas de tir 200/39. Sous la coiffe se trouvait le satellite MexSat 1 de 5,3 tonnes. Construit par Boeing pour le compte du Secrétariat mexicain des Communications et du Transport, il devait fournir des services de communications mobiles pendant 15 ans depuis sa position sur l'orbite géostationnaire calé par 113,1° Ouest.

Quelques minutes après le décollage, Russ Prytula, un responsable d'International Launch Services, annonçait lors de la vidéotransmission qu'il y avait des problèmes de réception de la télémétrie provenant du lanceur mais que les données radar fournies par le NORAD indiquaient que tout semblait fonctionner normalement. Tout semble aller pour le mieux pour Proton qui doit injecter son satellite sur orbite 9 heures plus tard. Pourtant, dans les minutes qui suivent cette annonce rassurante, les premiers communiqués des agences de presse ne laissent plus planer aucun doute. Une anomalie est intervenue lors de la phase de propulsion du troisième étage conduisant à la perte du satellite. L'agence de presse Interfax indique que la télémétrie de la fusée a été perdue environ une minute avant la séparation de l'étage Briz M sur lequel est monté le satellite du troisième étage de Proton. L'ensemble serait retombé aux environs de la ville de Chita en Sibérie.

Une nouvelle fois, Proton a failli à sa mission. Depuis décembre 2010, la fusée russe a connu 4 échecs sur 43 lancements mais également 4 anomalies en vol qui ont conduit dans certains cas à la perte du satellite. Le taux de fiabilité qui se réduit comme une peau de chagrin devient une source de préoccupation pour les responsables européens qui comptent sur ce lanceur pour expédier vers la planète Mars les trois missions du programme Exomars d'un coût de 1,2 milliard EUR.

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