Nouvelle déconvenue pour la Chine

09-04-2020 Philippe VOLVERT

Moins d'un mois après l'échec d'une fusée Chang-Zheng 7A, un autre modèle de la famille des lanceurs chinois n'a pu achever la mission qui lui avait été confiée. L'échec du lancement a été confirmé par l'agence de presse officielle Xinhua News Agency quelques heures plus tard.

Chang-Zheng 3B a décollé à 11 heures 46 TU depuis le centre spatial de Xichang, dans la province du Sichuan au Sud Ouest de la Chine, avec à son bord le satellite indonésien de télécommunications Palapa-N1/Nusantara 2.

L'accident a eu lieu durant la première phase de propulsion du troisième étage. Equipé de deux moteurs YF-75 consommant un mélange d'hydrogène et d'oxygène liquide, c'est lui qui assure normalement l'insertion sur orbite du satellite. Suite à l'anomalie, l'étage et le satellite sont retombés dans l'atmosphère où ils se sont désintégrés. Les débris enflammés traversant le ciel de Guam ont été filmés par des témoins sur place.

C'est le premier échec de Chang-Zheng 3B depuis la contre-performance du 18 juin 2017, après 28 succès consécutifs. La version du lanceur chinois a connu deux échecs et deux échecs partiels en 84 lancements depuis sa mise en service en février 1996.

Le satellite Palapa-N1/Nusantara 2, perdu lors de l'échec, appartenait à la société Palapa Satelit Nusantara Sejahtera, entreprise commune entre Indosat Ooredoo et Pasifik Satelit Nusantara. Il a été commandé à la CGWIC dans le cadre d'un contrat clé en main en mai 2017. Construit à partir d'une plate-forme DFH-4 Bus, il transportait une charge utile à haut débit en bande Ku avec une capacité de 10 Gbps. Nusantara 2 devait remplacer Palapa D sur la position 113 degrés Est et avait une durée de vie estimée à 15 ans.

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