Le flop de la treizième Electron

05-07-2020 Philippe VOLVERT

Le nombre 13 n'aura pas porté chance à Electron. La fusée de RocketLab n'a pas réussi à placer sur orbite les sept satellites qu'elle transportait.

Pourtant tout s'annonçait sous les meilleurs auspices. Prévu pour dimanche soir, le lancement a pu être avancé d'une journée, devançant les conditions météorologiques qui s'annonçaient défavorables à la date prévue initialement.

Samedi à 21 heures 20 TU, Electron s'élançait de la péninsule de Mahia en Nouvelle-Zélande pour rejoindre une orbite circulaire culminant à 500 km d'altitude sur une inclinaison de 97,5 degrés.

L'anomalie s'est produite durant la phase de propulsion du deuxième étage alors que la fusée avait atteint une altitude de 192 km et une vitesse de 13 695 km/h, un peu moins de six minutes après le décollage. Au même moment, la vidéotransmission des caméras embarquées s'est figée alors que les paramètres de vol, affichés en temps réels, montraient une perte d'accélération et une altitude qui tendait à diminuer. La fusée et sa charge utile se sont désintégrées en rentrant dans l'atmosphère.

Dans un communiqué, RocketLab annonce mettre en place une enquête en collaboration avec la FAA (Federal Aviation Administration) pour identifier et corriger les causes de l'accident en espérant retourner en vol le plus rapidement possible. De son côté, Peter Beck , le CEO de RocketLab, déplore la perte de la mission et s'excuse auprès des clients pour ne pas avoir pu livrer les satellites sur orbite.

Pour son treizième envol, Electron transportait 7 satellites pour le compte de trois clients:

  • CE-SAT-1B est un satellite expérimental de 50 kg pour l'observation de la Terre construit par Canon. Il était équipé d'un système d'imagerie optique basé sur un télescope Cassegrain de 40 cm de diamètre avec une longueur focale de 3720 mm et un détecteur dérivé de la caméra EOS 5D mk.3 capable de fournir des images de 5760 × 3840 pixels. Ce système d'imagerie offre une résolution au sol de 1 m à partir d'une orbite de 600 km couvrant une surface de 6 km × 4 km.
  • PlanetLabs était à bord avec cinq satellites Flock 4e dédiés à l'observation de la Terre. Il s'agit de Cubesat de 5 kg équipés d'une caméra offrant une résolution spatiale comprise entre 3 et 5 mètres.
  • Faraday 1 est une plateforme britannique de première génération, développée par InSpace et destinée à transporter des charges utiles à coûts ultra réduits pour le compte de clients. Avec ce nouveau service, les clients n'auront plus besoin de recourir à un satellite spécifique ou à la station spatiale pour envoyer leurs expériences dans l'espace. Faraday 1 est conçue pour transporter jusqu'à 4,5 kg de charge utile et peut rester en activité pendant au moins cinq ans. Si la première utilisation de Faraday 1 s'est soldée par la perte de la plateforme, d'autres missions sont en cours de préparation pour les mois à venir.

Sources

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