Le défi du X-37B

23-04-2010 Philippe VOLVERT

Alors que la NASA s'apprête à mettre à la retraite sa flotte des navettes spatiales, l'armée américaine teste un prototype de véhicule réutilisable. Le X-37B a été lancé dans la nuit de jeudi à vendredi à 23 heures 52 TU par une fusée Atlas V, modèle 501, dépourvue de propulseurs d'appoint. Le décollage est intervenu du Cape Canaveral Air Station depuis le site de lancement numéro 41. Dix sept minutes plus tard, le moteur de l'étage Centaur s'éteignait après sa première phase propulsive. Le reste du vol a été classé confidentiel et aucune information sur l'orbite visée n'a été divulguée. Après la fin de sa mission, dont on ne connaît la durée, le X-37B devrait se poser sur la base de Vandenberg voire Edwards si la première piste est inutilisable pour une raison ou une autre.

L'histoire du X-37 ou OTV (Orbital Test Vehicle) remonte à l'aube de l'an 2000. Avec l'espoir de développer un nouvel avion orbital réutilisable destiné à rejoindre la station spatiale internationale, la NASA a mis en chantier un programme de démonstration dénommé X-37. Celui-ci devait comporter deux prototypes à l'échelle ½ de l'avion en question. Le premier devait tester les phases d'approche et d'atterrissage tandis que le second devait réaliser toute la phase de vol du véhicule opérationnel. En 2004, la NASA a transféré le programme à la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) qui le reprend où il en était. Après plusieurs vols captifs, où il est resté accroché à l'avion White Knight, le premier prototype a réalisé un premier test en 2006. Bien qu'ayant subi quelques dommages durant l'atterrissage, le vol a satisfait les militaires puisque Boeing a engagé la construction du second prototype qui a été lancé avec succès la nuit dernière.

L'US Air Force n'a pas dévoilé grand-chose sur ce véhicule ni sur ses objectifs. Tout au plus, on sait qu'il est long de 8,38 m pour une envergure de 4,57 mètres et pèse environ 5 tonnes. Sa mission, qui pourrait se prolonger durant 250 jours, sera classée « Secret Defense ». Certaines suppositions laissent à penser qu'il pourrait être utilisé pour identifier des satellites hostiles, inspecter de près un satellite ou placer très rapidement une petite charge utile en orbite. En cas de succès, un second vol pourrait être programmé l'année prochaine.

Sources

Sur le même sujet