La Corée du Nord, onzième puissance spatiale

05-04-2009 Philippe VOLVERT

Après l'Iran il y a 2 mois, c'est au tour de la Corée du Nord d'annoncer la mise sur orbite réussie d'un satellite à l'aide de son lanceur national. Kwangmyungsung 2, c'est son nom, serait un satellite de télécommunications et circulerait sur une orbite de 490 x 1426 km, inclinée à 40,6° (non confirmée pour l'heure). Il a été lancé de la base de Tonghae Satellite Launching Ground (Musudan-Ri) par une fusée Unha 2 ce dimanche à 02 heures 30 TU. Au bout de quelques minutes, le premier étage était largué et retombait à environ 200 km à l'ouest des côtes japonaises en Mer de l'Est tandis que le second étage retombait à environ 1200 km à l'Est dans le Pacifique quelques minutes plus tard.

Comme pour l'Iran, les réactions du monde politique ont été quasi unanimes en condamnant une nouvelle provocation de la Corée du Nord. Le Japon, principal pays concerné par cette mise sur orbite en raison du survol de son territoire par le lanceur, a réclamé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Selon le porte-parole du gouvernement japonais, le lancement constitue une violation des résolutions 1695 et 1718 du Conseil de sécurité des Nations Unies. La résolution 1718 interdit expressément à la Corée du Nord de conduire des activités liées à des missiles balistiques de quelque sorte que ce soit. La réaction a été identique tant à Washington qu'à Bruxelles au siège de l'Union Européenne. Quant à la Chine, elle a pris acte des réactions à travers le monde et demande aux différentes parties de garder son calme. La Russie demande également du calme et examinera la question de la violation par Pyongyang des résolutions du Conseil de sécurité.

Peu d'informations officielles circulent sur le lanceur Unha 2. Il faut donc extrapoler à partir des différentes sources non officielles pour avoir une idée générale sur les performances du lanceur. Il est vraisemblable que l'Unha 2 est un dérivé du missile chinois Deng-Fong 3 développé à la fin des années 60. Le premier étage serait propulsé par 4 moteurs YF-2 de 279 kN de poussée chacun et consommant un mélange d'UDMH et d'AK-27S. Le second étage serait propulsé par 4 moteurs YF-3 consommant un mélange d'UDMH et de tétraoxyde d'azote. Le troisième et dernière étage fonctionnerait avec du carburant solide. La capacité orbitale avoisinerait les 200 kg sur une orbite basse. Ce lanceur serait différent de Taepodong 1, officiellement appelé Paektusan-1, dérivé Nodong, version modernisée du missile balistique soviétique R-17 et lancé en 1998 lors de la première tentative de mise sur orbite nord coréenne.

Sources

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