L'industrie spatiale face au Covid-19

02-04-2020 Philippe VOLVERT

L'épidémie du Covid-19 qui sévit à travers la planète depuis la fin de l'année dernière n'est pas sans conséquences pour l'activité de l'industrie spatiale.

Le 16 mars, Arianespace annonçait la suspension de toutes les campagnes de lancement au Centre Spatial Guyanais afin de préserver la santé des salariés et des populations locales. VEGA VV16 et Soyuz VS24 devront attendre que les conditions sanitaires permettent une reprise du travail sans risque pour le personnel sur place. La décision fait suite aux mesures de confinement décidées par le gouvernement français pour endiguer la propagation du virus.

A Cape Canaveral, l'US Space Force maintient les activités de la base spatiale en Floride mais avec un personnel réduit afin de pratiquer la distanciation sociale. Toutefois, les sites d'observation pour assister aux lancements sont fermés au public, au personnel militaire ou contractuel pour éviter de déployer du personnel de sécurité qui pourrait être exposé inutilement.

RocketLab qui prévoyait un lancement de sa fusée Electron depuis la Nouvelle-Zélande le 30 mars a annoncé un report à une date ultérieure après que le gouvernement ait ordonné la fermeture de toutes les entreprises non essentielles. Electron doit lancer trois charges utiles pour le compte du NRO et deux cubesats universitaires. L'agence spatiale indienne a emboité le pas en prenant la même décision. Il en va de même pour le lancement du satellite de télédétection SAOCOM 1B par la fusée Falcon 9 de SpaceX. En raison de l'indisponibilité des équipes argentines, les derniers préparatifs sont suspendus jusqu'à nouvel ordre.

Les diverses agences spatiales également ont pris toute une série de mesures en réponse aux décisions gouvernementales. A titre d'exemple, l'Agence Spatiale Européenne limitera le personnel au centre de contrôle de Darmstadt en Allemagne lors du survol de la Terre par la sonde Beppi-Colombo le 10 avril pour se conformer aux règles de distanciation sociale actuellement en vigueur dans toute l'Europe. La NASA a limité le personnel dans ses différents centres à travers les Etats-Unis, y compris au Marshall Space Flight Center où est préparé l'étage central du lanceur lourd SLS en vue d'une mise à feu au banc d'essai.

Toutefois, tout n'est pas aussi noir dans l'actualité spatiale. La Russie maintient ses lancements depuis les différents cosmodromes. Roscosmos affirme que la pandémie ne retardera pas la relève de l'équipage de la station spatiale prévue ce mois-ci. L'agence spatiale russe est en pourparlers avec le Kazakhstan, d'où partent et reviennent les missions habitées russes, pour permettre le retour sur Terre du vaisseau Soyuz MS-15, un peu plus d'une semaine après le lancement de Soyuz MS-16.

Virgin Orbit s'est impliqué dans la lutte contre le coronavirus en déclarant avoir mis au point un modèle de ventilateur qui pourrait être produit en masse en réponse à la pandémie. Le ventilateur a été développé dans le cadre d'un consortium dirigé par deux universités et pourrait être approuvé par la Food and Drug Administration pour une production dans l'usine de Virgin Orbit d'ici début avril.

De son côté, SpaceX a également mis la main dans le cambouis en produisant des désinfectants pour les mains et des écrans faciaux pour les hôpitaux. Septante-cinq d'entre eux ont été livrés au Cedars-Sinai Medical Center, centre hospitalier situé à Los Angeles.

Sources

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