ICON sur orbite après une longue attente

11-10-2019 Philippe VOLVERT

Le satellite ICON de la NASA va pouvoir enfin débuter sa mission après son lancement réussi la nuit dernière par une fusée aéroportée Pegasus XL. C'est un véritable soulagement pour l'équipe en charge de la mission qui aura dû patienter deux ans avant de voir le projet se concrétiser.

Divers problèmes techniques sont à l'origine des nombreux retards accumulés dans les préparatifs de lancement. ICON devait être lancé en décembre 2017 depuis l'atoll de Kwajalein dans le Pacifique. Mais à quelques jours du départ, une anomalie est détectée sur le système de séparation de Pegasus qui engendre un retard de plusieurs mois. Un nouveau report est décidé début juin 2018 après que la fusée ait émis des signaux « hors normes » durant son transfert de la Californie vers Kwajalein en vue de son lancement. Il signalait des mouvements du gouvernail du premier étage de la fusée. Les ingénieurs de Northrop Grumman ont été incapables d'identifier la cause première des données erronées sur la position du gouvernail mais ils sont parvenus à mettre en place des mesures correctives efficaces.

Alors que Pegasus était clouée au sol, les équipes de Northrop Grumman et de la NASA se mettaient d'accord pour effectuer la mission depuis Cape Canaveral eu lieu de Kwajalein. Le lancement depuis la Floride n'était pas prévu à l'origine car le satellite ICON devait être légèrement plus lourd qu'il ne l'est en réalité, ce qui devait nécessiter un lancement depuis un emplacement plus proche de l'équateur.

Après moult rebondissements, le biréacteur L-1011 de Northrop Grumman a décollé de l'aérodrome de Skid Strip à minuit 31 TU dans la nuit de jeudi à vendredi avec Pegasus accrochée à son ventre. Une heure et 28 minutes plus tard, la fusée est larguée à une altitude de 11 900 mètres pour un vol propulsé de 8 minutes et 20 secondes.

ICON a été éjecté quelques secondes plus tard sur une orbite circulaire culminant à 575 km au-dessus de la Terre sur une inclinaison de 27 degrés. La mission scientifique du satellite va pouvoir commencer.

Une mission pour étudier l'ionosphère terrestre

ICON (Ionospheric Connection Explorer) est une mission de la NASA inscrite dans le cadre du programme « Explorer » dont l'objectif est la réalisation de missions scientifiques à coût modéré et fréquence rapprochée.

La mission est placée sous la responsabilité du Goddard Space Flight Center (Nasa) mais c'est l'Université de Berkley qui sera en charge de l'exploitation du satellite. Il a été construit par Northrop Grumman à partir d'une plate-forme LEOStar-2 qui embarque quatre instruments scientifiques.

ICON aura deux ans pour sonder l'ionosphère, la couche supérieure de l'atmosphère terrestre où le gaz est ionisé par les rayonnements solaires UV et les rayons X. Le satellite va étudier les relations physiques entre les tempêtes solaires et de la météorologie terrestre. On sait que la région est soumise à des variations de grande ampleur qui perturbent les communications radio mais aussi les signaux GPS. Comprendre ce qui détermine la variabilité de l'ionosphère permettra d'atténuer ses effets sur notre technologie et nos systèmes de communication.

Sources

Sur le même sujet